Revue de presse

Polémique au Ghana après des tests d’homosexualité

5 février 2018 - BBC Afrique
Des chefs religieux et des hommes politiques s'opposent à la légalisation de l'homosexualité au Ghana.
Copyright de l’imageGETTY IMAGES – Image caption | Des chefs religieux et des politiciens s’opposent à la légalisation de l’homosexualité au Ghana.

 

Amnesty International dénonce la décision des autorités ghanéennes d’avoir fait passer des tests médicaux à deux étudiants accusés d’avoir eu des rapports sexuels entre eux.

Les tests se sont traduits par “la torture et la dégradation de leur dignité humaine”, a protesté l’organisation de défense des droits de l’homme.

Le fait de soumettre les deux étudiants à ce genre de test est une violation de la constitution ghanéenne, a dit à la BBC le porte-parole d’Amnesty International au Ghana, Robert Amoafo.

Les deux étudiants âgés de 18 et 23 ans auraient été surpris en train d’avoir des rapports sexuels, dans une chambre d’étudiants d’une université de Takoradi, une ville située dans l’ouest du Ghana.

Une porte-parole de la police, Olivia Adiku, a confirmé à la BBC que des tests médicaux avaient été effectués sur les organes génitaux des deux étudiants, dans le cadre d’une enquête sur l’incident.

L’homosexualité est une pratique illégale au Ghana.

Des chefs religieux et des hommes politiques, dont l’actuel président du parlement, s’opposent à sa légalisation.

 

Rencontre avec Fasséry Kamissoko, jeune cinéaste en lutte contre l’homophobie qui sévit au Mali

https://www.lesinrocks.com |02/02/18 16h47

Alors que nous consacrons notre une à la montée de l’homophobie dans le monde, nous avons interviewé le cinéaste malien Fasséry Kamissoko. Ce jeune homme de 19 ans a réalisé et interprété le rôle principal du court-métrage “Dix-Sept” qui raconte le destin tragique d’un lycéen moqué et lynché par ses camarades parce que jugé efféminé. Avec ce film il espère avoir “contribué à une prise de conscience collective des hommes et femmes témoins des discriminations envers les personnes LGBTQI au Mali”, alors que 98% des habitants du pays jugent l’homosexualité comme “un mode de vie inacceptable”.

Qu’est-ce qui a vous a décidé à tourner un court-métrage sur l’homophobie au Mali ?

Fasséry Kamissoko – L’idée de ce film part du triste constat des conditions de vie des personnes homosexuelles. Le sujet divise beaucoup, d’autant que ces dernières années l’homosexualité s’est retrouvée au centre des débats publics de certains pays africains, dont le Mali, à cause de faits divers largement relayés sur les réseaux sociaux qui impliquaient sans preuve une frange influente de l’élite politique, économique et culturelle du pays.

À côté de ça, une conscience reste encore à définir en Afrique, où, de peur d’être traités d’afro-pessimistes ou d’assimilés au service de l’Occident, les gens se complaisent dans l’enfer de l’homophobie quotidienne (insultes, blagues, et stéréotypes dévalorisants, parfois des violences plus graves et appels au meurtre…). Avec ce film, je me suis révolté à mon modeste niveau contre l’entreprise de destruction systématique du droit au respect de la vie privée, contre les modes de penser la sexualité qui ne produisent que des fanatiques, des frustrés, des sadiques et des homos refoulés. J’ai souhaité dénoncer le fléau de l’homophobie.

 

 

Pourquoi avoir choisi un cadre scolaire pour votre film ?

La plus grande tolérance actuelle de l’homosexualité ne change pas grand-chose à la situation des jeunes qui s’interrogent sur le fait d’assumer ou non leur orientation sexuelle. Or ils se retrouvent face à l’impossibilité d’en parler et d’exprimer ce qu’ils ressentent. C’est comme si on leur niait le droit de se construire. Ces jeunes sont alors obligés de se dissimuler vis-à-vis de leur entourage, leur famille comme leurs camarades de classe. A cause de ça, ces jeunes finissent par perdre leur estime d’eux, ce qui les mène parfois à la dépression voire au suicide.

Quelles sont les ressorts de l’homophobie au Mali ?

L’homosexualité au Mali n’est pas seulement illégale, elle est aussi considérée comme une pathologie. Au sens de la psychiatrie, bien sûr, mais d’abord au sens physique. La drogue, le sida, la prostitution et l’homosexualité sont généralement cités ensemble dans les discours officiels et semblent occuper la même place de dégénérescence.

Pour autant, si tous les homophobes maliens condamnent les pratiques homosexuelles, ils ne le font pas pour les mêmes raisons. Les arguments avancés sont de plusieurs ordres. Le premier serait d’ordre socio-économique, à cause de la pauvreté et de la misère. Il y a aussi l’argument démographique qui veut que l’homosexualité aille contre la pérennisation de l’espèce humaine. L’argument naturaliste, aussi, qui soutient que l’homosexualité est contre-nature étant donné la nature ne s’est pas trompée en dotant l’homme d’un pénis et la femme d’un vagin, ajoutant que le pénis serait fait pour le vagin et non pour l’anus. Enfin il y a l’argument religieux qui défend les valeurs du dogmatisme patriarcal hétéronormé à travers le Coran et la Bible.

De fait, les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes sont marginalisés et très souvent obligés de mener une double vie : celle de l’époux fidèle et attentionné le jour et celle du randonneur-amant d’un jeune éphèbe dans la soirée.

Sur les réseaux sociaux, des internautes diffusent les noms et photos de ceux qu’ils suspectent d’être homosexuel. C’est une pratique courante ?

C’est loin d’être nouveau mais ce phénomène est en augmentation, voire se banalise. Hormis ces dénonciations calomnieuses, on compte des lynchages des mises à nu publics, des insultes à travers des expressions comme pédé, salope, enculé, tante… Surtout, il devient impossible de mener une activité professionnelle ou de participer activement à la vie politique et publique une fois l’homosexualité révélée.

Comment vit-on lorsque l’on est homosexuel au Mali ? Doit-on forcément se cacher ?

Dans un pays où l’homosexualité est durement blâmée, les gays ne peuvent pas espérer vivre une sexualité découverte. D’ailleurs, les homosexuels ne sont pas les seules victimes de la violence homophobe. Celle-ci vise également tous ceux qui n’adhèrent pas à l’ordre classique des genres : travestis, transgenres, bisexuels, femmes hétérosexuelles avec une forte personnalité, hommes hétérosexuels délicats ou manifestant une grande sensibilité.

>> A lire aussi : Reportage au Mali où les homosexuels sont chassés et contraints de se cacher pour survivre <<

Comment votre film a-t-il été perçu au Mali ?

L’homosexualité africaine est très peu étudiée et documentée et l’homophobie africaine l’est encore moins. Ici le tabou culturel semble se doubler d’un tabou sociologique. Le film dénonce à travers l’histoire du jeune que j’interprète à l’écran, l’opinion populaire, en recyclant le thème connu de l’association de l’homosexualité et de non-conformité au modèle hétérosexuel. Après sa médiatisation internationale, Dix-sept a été l’objet d’une vive controverse au Mali, notamment, lors de sa diffusion en salle. Un grand nombre de spectateurs satisfaits du sort réservé au jeune protagoniste ont expliqué que dans le Coran les relations entre hommes sont décrites comme “la pire des abominations”, un “crime ignoble et scandaleux pour laquelle la cité de Sodome aurait été détruite par Dieu”. L’homophobie a été instrumentalisée, non pas par les détenteurs du pouvoir à des fins politiques, comme c’est souvent le cas, mais bien par le peuple pour nommer la déchéance des élites, qualifiées d’occidentales et post-coloniales. En dépit de ces réactions, j’ose espérer avoir contribué à une prise de conscience collective des hommes et femmes témoins des discriminations envers les personnes LGBTQI dans le Mali actuel et en Afrique.

Est-ce que vous pensez que la société malienne va évoluer sur cette question ? Que préconisez-vous pour faire évoluer les mentalités ?

Je crois qu’au lieu de nous focaliser sur ce qui nous choque ou nous déplaît dans la vie sexuelle de l’autre sans que nous puissions le changer, nous devrions tenter d’appartenir au petit monde des gens qui osent vivre leur vie à leur guise, sans cracher sur celle des autres.

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Retour sur le premier festival lesbien de Namibie

Retour sur le premier festival lesbien de Namibie

En Namibie, Irene Garoes est bénévole au Women’s Leadership Centre, qui a organisé en novembre dernier la première édition du Festival Lesbien Namibien. Un événement historique dans un pays où certaines lesbiennes sont encore obligées de se marier avec un homme, de s’impliquer dans une relation hétéro pour « cacher » leur orientation sexuelle et où d’autres encore sont battues et violées dans leur famille pour les « guérir » de leur homosexualité. Extrait de la rencontre publiée dans le numéro de décembre de Jeanne Magazine.

Pouvez-vous nous parler de vous en quelques mots ? Je suis une militante féministe et une poète guerrière originaire de Namibie. Je suis bénévole au Women’s Leadership Centre (WLC) où je m’occupe plus spécifiquement du programme de construction féministe et lesbien. Je ne sais pas exactement mettre le doigt sur le moment où j’ai réalisé que j’étais une militante, mais ce sentiment a grandi quand j’ai constaté la différence de traitement entre les hommes et les femmes. Voir les privilèges et le pouvoir accordés aux hommes et non aux femmes n’avais pas de sens pour moi et j’ai souhaité, dès mon plus jeune âge, lutter contre cette injustice pour que les choses s’équilibrent. Travailler au WLC me donne cette opportunité puisque nous avançons aux côtés de femmes marginalisées, des femmes qui sont oppressées à différents niveaux (âge, tradition, orientation sexuelle, origine ethnique ou encore la classe sociale).

Pouvez-vous revenir sur la création du Women’s Leadership Centre ? Le WLC a été créé en 2004 par Elizabeth Khaxas, militante féministe et lesbienne, dans le but de développer un tissu associatif féministe couvrant les différents groupes ethniques en Namibie, car chacun a ses propres usages en matière de lois et de pratiques culturelles qui oppressent les femmes de différentes manières. Nous travaillons avec des femmes qui vivent loin des villes et qui sont soumises à des lois propres à leur tribu, comme pour les jeunes filles et les femmes du peuple autochtone San qui sont parmi les plus marginalisées et exclues de notre société, sans parler des jeunes lesbiennes.(…).

L’art, par le biais de l’écriture, de la scène et de bien d’autres moyens, semble être au cœur du programme développé pour ces jeunes femmes par WLC. En quoi diriez-vous que l’art aide à donner du pouvoir à ces femmes ? A travers l’écriture, la musique, la danse ou encore la photographie, nous arrivons à défaire les multiples couches accumulées à cause des discriminations et de l’oppression que nous subissons régulièrement. L’expression créative est une source de cicatrisation pour nous, et nous l’utilisons pour partager nos expériences et nos réalités les unes avec les autres, aussi bien qu’avec le public qui assiste à nos différentes représentations. Lorsque nous écrivons et racontons nos histoires, nos expériences ne relèvent plus du domaine de l’incident isolé, du secret et du tabou. Au lieu de cela, toutes nos expériences permettent de dénoncer le système patriarcal et homophobe qui règne dans notre société.

Avez-vous noté une évolution des moeurs au sein de la société depuis le début de votre combat ? L’homosexualité en Namibie n’est ni légale ni illégale. A cause de l’occupation coloniale pendant des décennies, nous avons hérité du droit romano-néerlandais la loi « Sodomy law » qui interdit toute activité sexuelle anale pour les hommes. Dans les années qui ont suivi l’indépendance en 1990, un certain nombre de politiciens se sont servis de discours de haine à l’encontre des lesbiennes et des gays en Namibie. Nous étions les boucs émissaires de leurs erreurs en matière de pauvreté, de profondes inégalités sociales et de violence dans notre société. Ils ont dit de nous que nous n’étions ni des Africains, ni des Chrétiens et que nous devions tout simplement être éliminés de la société. (…)

Est-il possible pour une jeune lesbienne de parler de son homosexualité au sein de sa famille ? Il y a de nombreux facteurs qui influencent les relations familiales, certains peuvent être religieux, d’autres liés aux traditions et aux pratiques traditionnelles. Il est dit que 95% des Namibiens sont chrétiens, certains d’entre nous ont même été plusieurs fois à l’église pour prier que le « démon » sorte de nous. Il y a une pression constante sur les jeunes lesbiennes pour qu’elles correspondent à ce que la société attend d’elles : de bonnes jeunes filles, féminines dans notre façon d’être, dans notre tenue vestimentaire également et dans nos hobbies. Certaines d’entre nous ont également été obligées de nous marier avec un homme. D’autres encore ont été impliquées dans une relation hétéro pour « cacher » leur orientation sexuelle et pour satisfaire notre famille. Certaines d’entre nous ont même été battues et violées dans nos familles pour nous « guérir » de notre lesbianisme. Mais nous avons aussi des histoires positives à raconter, car certaines de nos familles acceptent et se tiennent du côté de leur fille lesbienne. (…)

On comprend combien il est difficile d’être lesbienne aujourd’hui en Namibie. Est-ce ce qui vous a motivé à développer le premier festival lesbien du pays dont la première édition a eu lieu en novembre ? (…) Le festival est né il y a deux ans, il s’est construit petit à petit au fil des mois en produisant une exhibition de photographies de voyage et aussi un livre de photos et de textes réalisés par de jeunes lesbiennes à travers tout le pays. Durant ces deux ans, nous nous sommes réunies pour réfléchir à ce que nous voulions faire de ce Festival Lesbien Namibien. Parallèlement aux productions artistiques qui ont vu le jour dans le cadre du festival, c’est aussi un espace de lien social, de culture et de parole politique qui a été créé, célébrant la richesse et la diversité des jeunes lesbiennes à travers le pays. (…)

Comment s’est passé ce premier festival lesbien ? Cette première édition du Festival Lesbien Namibien s’est tenu sur une semaine du 20 au 24 novembre. Environ 80 lesbiennes venues de tout le pays y ont participé et ont pu prendre part à nos ateliers de musique, de poésie, de théâtre et de danse en plusieurs groupes. Nous avions également des événements ouverts au public en soirée : mardi, le groupe de théâtre a joué sur scène une pièce en trois actes sur la visibilité, la résistance et le pouvoir au féminin. Mercredi, nous avons eu un débat abordant la construction d’un mouvement féministe et lesbien. Et enfin jeudi, nous avons présenté un spectacle lors duquel des artistes ont déclamé des poésies, ont fait de la musique et ont dansé. Environ 150 personnes ont assisté à cette soirée et nous avons même eu le droit à une couverture médiatique par les journaux locaux. (…)

www.wlc-namibia.org

 

Tunisie : lancement du premier festival Queer du pays

Par 

L’association Mawjoudin organise pendant quatre jours un festival cinématographique autour des questions relatives aux droits de la communauté LGBTQI. Une manière de propulser le débat sur la scène publique.

La Tunisie, pays de la première radio gay de  la région MENA,  lance son premier festival Queer. Du 15 au 18 janvier, à Tunis, le Mawjoudin Queer Film Festival met en effet à l’honneur les questions des genres et de la sexualité non normative. Une initiative inédite dans la lutte pour les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transexuelles, queers et intersexes (LGBTQI), lancée par les associations qui militent pour les droits des minorités sexuelles et des droits humains en Tunisie.

Depuis la révolution de 2011, plusieurs associations telles que Shams, Damj, Chouf ou encore Mawjoudin, à l’origine de ce festival, sont sorties de l’ombre et ont obtenu un statut légal en Tunisie. Depuis, elles multiplient les actions pour permettre au débat de faire irruption sur la scène publique.

Le but est aussi d’enclencher une évolution juridique en appelant à la dépénalisation de l’homosexualité – puni jusqu’à trois années d’emprisonnement en Tunisie.

« Célébrer la différence »

Mawjoudin a été créée en 2014, avant d’obtenir son statut légal d’association en 2015. « Nous voulons vivre dans une société où la discrimination, l’homophobie et le sexisme n’existeraient pas. Une société qui fait la promotion de l’intégrité, de la dignité et qui célèbre la différence », écrit l’association sur son site, pour résumer sa vision.

Nous cherchons avant tout à offrir des espaces sûrs dédiés aux personnes en détresse

Abir, une militante de l’association contactée par Jeune Afrique, explique que pour parvenir à un tel objectif, l’association agit sur trois volets : « Nous cherchons avant tout à offrir des espaces sûrs dédiés aux personnes en détresse pour les aider sur le plan médical et psychologique. Nous proposons également des activités culturelles et des cercles de parole, où il est possible d’aborder les questions relatives à la communauté LGBTQI en toute liberté. Nous avons, en plus de cela, initié des formations en petits groupes sur les questions de genre, des droits humains mais aussi de sexualité et de féminisme. »

 

 

L’association dispose aussi d’un club de cinéma « Cinexist » et organise de manière semi-mensuelle des projections de films et des débats. Elle a également organisé plusieurs campagnes dans le pays, dont celle de « Hatta houni famma mithliya » (« Ici aussi, l’homosexualité existe », en français). Des membres ont été invités à y participer en envoyant à l’association des photos portant le message de la campagne, accompagné du nom de leurs villes et du hashtag #Mawjoudin.

Une idée reçue présente l’homosexualité comme « une extravagance de la banlieue nord de Tunis »

Cette campagne avait pour but de lutter contre l’idée reçue que l’homosexualité en Tunisie est « une extravagance de la banlieue nord de Tunis », réputée comme étant le lieu de résidence de la bourgeoisie tunisienne.

L’association voulait montrer que l’homosexualité n’est reliée à aucune classe sociale ou région. « Nous voulions aussi accentuer la décentralisation de nos actions pour étendre la lutte sur tout le territoire », explique la militante.

Le Mawjoudin Queer Film Festival

 

Pour annoncer la tenue du Festival, l’association n’a pas hésité à utiliser une affiche et un teaser qui représentent très explicitement ces différentes identités. Une décision qui a reçu plus de messages d’encouragements que de messages d’insultes, selon Abir.

Mieux comprendre ce que signifie le fait d’être queer, mais aussi le lien entre le politique et la communauté LGBTQI

Malgré la bonne réception du message par le public, l’association Mawjoudin reste vigilante. Pour assurer la sécurité de l’événement, elle n’a communiqué les lieux des manifestations culturelles qu’à travers le bouche-à-oreille. Une mesure jugée nécessaire, selon la militante, surtout en l’absence des autorités policières.

 

 

Ce festival, qui se tient jusqu’à jeudi, s’articulera autour de films sur les identités de genre et les orientations sexuelles non-normatives. Il débutera par une cérémonie d’ouverture lors de laquelle seront présentés les membres du jury dont des activistes LGBTQI algériens et marocains, invités pour l’occasion. Le documentaire tunisien « Under the Shadow» signé Nada Mezni Hafaidh récompensé aux dernières Journées Cinématographiques de Carthage sera également projeté.

Une exposition de deux bandes dessinées réalisées par l’un des membres de l’association et élaborées à partir des témoignages de personnes LGBTQI en Tunisie seront quant-à-elles présentées pendant la cérémonie de clôture. « C’est dans l’esprit de l’art participatif que nous avons réalisé ce projet », précise Abir.

Pendant le festival, des panels se tiendront également autour de l’art et de la résistance Queer. « Ces discussions entre spécialistes permettent à l’auditoire de mieux comprendre ce que signifie le fait d’être queer, mais aussi le lien entre le politique et la communauté LGBTQI », soutient la représentante de l’association.

Afrique-France: L’homosexualité africaine décomplexée en triomphe aux 39ème Trans Musicales de Rennes

© Koaci.com - Vendredi 08 Décembre 2017 

Nakhane (g) et Kiddy Smile (d)

 

La dissipation du tabou de l’homosexualité en Afrique résonne comme un slogan bien loin du continent. A l’avant-gardiste rendez-vous européen des Trans Musicales de Rennes  il explose pour sa 39ème édition, sensation d’être envisagé autrement entre proposition artistique et réflexion sonore.


Les sud-africainNakhane Rechercher Nakhane et le français d’origine camerounaise Kiddy Smile, tous deux à l’affiche du prestigieux festival ouvert depuis mercredi dans la capitale bretonne (Ouest de la France, ndlr), le maltraitent à leurs singulières façons, fondamentalement militantes certes, pointilleusement politique en mode pop étincelante et profonde pour l’un, haute en couleur délirante DJ pour l’autre.

« En tant que personne politiquement éveillée, le christianisme n’a pas de sens », premier missile lumière lancé par l’étoile de Port-Elizabeth qui brille à l'”Air libre” de St Jacques (Théatre de St Jacques de la Landes, ndlr), Nakhane, élevé au biberon des évangiles, à l’endroit des distorsions de ces églises africaines qui, les premières, s’activent à socialement imposer la règle de confusion du crime et de l’homosexualité jusqu’à l’horizon indépassable du strict genre.

L’extravagant Kiddy Smile, bousculant jusqu’à tourner le clip de son morceau « Let A Bitch Know » dans une cité dite «HLM» d’une banlieue française, milieu généralement très hostile à l’homosexualité, rappelle pour sa part les préjugés et les théories refrains de son pays d’origine. « En Afrique, la notion de LGBT, c’est un truc de blanc, d’ailleurs il y a une théorie horrible qui dit que l’homosexualité est un complot de l’homme blanc pour empêcher les populations africaines de se reproduire. » explique t’il dans les colonnes d’un média français (society, ndlr).

Ces deux comètes du rendez-vous cosmique rennais parfument par ailleurs son africanité palpitante. En témoigne l’enthousiasme de Jean-Louis Brossard, père et directeur artistique du festival. Dès l’ouverture il dédiait l’édition qui met également à l’affiche l’illustre Sierra Léonais Janka Nabay, le « roi du bubu » (bubu music, ndlr), à l’artisan du succès mondial du groupe malien Amadou et Mariam, le français Marc Antoine Moreau, récemment disparu.

Il suffit parfois d’impulsions volontaristes à l’image de ce rendez vous underground pour faire bouger les lignes et si l’homosexualité africaine s’oblige localement à la discrétion sous divers degrés en fonction des pays et des sentences, sous d’autres cieux, son silence résonne et fait vibrer les foules jusqu’en Bretagne, terre d’ouverture et de légende en tout genre.

Laurent Despas

En Afrique, l’homophobie est une arme politique

Les personnes accusées d’être homosexuels parfois sur la base de rumeurs s’exposent à la fois à une mort sociale mais également politique. Une chronique de Boris Bertolt, chercheur en criminologie à l’université de Kent en Angleterre.

Dans de nombreux pays d’Afrique, les homosexuels sont arrêtés uniquement sur la base de dénonciations sans preuves dans la majorité des cas. En dépit des efforts menés par certains gouvernements pour protéger les homosexuels, l’homophobie demeure très répandue sur le continent. L’homosexualité ne pose pas seulement un problème d’ordre juridique à travers sa pénalisation, mais souffre également d’une illégitimité sociale.

Le discours public dominant continue à présenter cette orientation sexuelle sous le prisme d’un projet impérial de l’occident en dépit de nombreuses recherches faisant état de l’existence sur le continent de pratiques sexuelles entre personnes de même sexe avant la colonisation. L’homosexualité tient aujourd’hui une grande place dans le débat public, mais également dans la compétition politique.

Au Cameroun, des accusations d’homosexualité

L’un des cas récents assez illustratif de cet état de fait s’est produit au Cameroun. Dans la nuit du 14 au 15 novembre 2017, une vidéo montrant une bagarre entre deux hommes dans une chambre circule sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, on peut identifier l’homme politique camerounais Vincent Sosthène Fouda à moitié nu, son sexe visible. Lui qui récemment mettait directement en cause plusieurs pontes du régime de Yaoundé à la suite de l’assassinat de l’évêque de Bafia qu’il a qualifié de crime d’Etat. Dès la publication de cette vidéo, la première interprétation qui apparaît sur les réseaux sociaux est celle d’une bagarre entre homosexuels.  « Vincent Sosthène Fouda, homosexuel ? » s’interroge un internaute. Un autre renchérit : « Ce sont les homosexuels qui veulent maintenant nous gouverner, impossible ».

Bien qu’ayant tenté de démentir en journée ces rumeurs sur son orientation sexuelle, arguant d’un conflit familial, la polémique ne retombe pas.  Le clou du discours sur l’homosexualité présumée de l’homme politique camerounais est atteint le 15 novembre au cours de l’édition du 20h sur la chaine privée Vision 4, dont plusieurs caciques du régime de Yaoundé sont actionnaires. Le présentateur, Jean Jacques Ze en introduisant « la réflexion du 20h » sur le sujet pose une question : « Pour un homme politique qui nourrit encore des ambitions, cette vidéo peut-elle avoir un impact sur la carrière politique de Vincent Sosthène Fouda ? ». La réponse apparaît dans le reportage de la journaliste Sidoine Monkam qui affirme : « ses ambitions politiques sont désormais caduques, une autre voie s’ouvre à lui, celle de la pornographie. Malheureusement, il ne semble pas avoir le profil de l’emploi. L’homme n’a pas été gâté par la nature ».

Ce discours, au-delà du fait qu’il tend à légitimer dans les imaginaires la taille du sexe comme étant un facteur décisif dans la performance sexuelle, établit un lien étroit entre l’orientation sexuelle et l’ascension politique. L’homosexualité perçue comme un obstacle pour toute ambition sur le champ politique. Dans un pays où la population est majoritairement homophobe, l’accusation d’homosexualité n’entraine pas simplement la mort sociale, mais également la mort politique dans la mesure où les représentations autour de l’homosexualité s’articulent en partie autour de la sorcellerie, les pratiques mystiques ou des cercles ésotériques. Ces derniers, notamment la franc-maçonnerie et la rose croix sont également perçus comme les boucs émissaires de la précarité et du sous-emploi chez les jeunes. Raison pour laquelle, les périodes qui précèdent les remaniements ministériels sont régulièrement accompagnées de la publication sans preuves dans la presse locale des noms de certaines personnalités influentes accusées d’être des homosexuels.

Au Sénégal, l’homosexualité pénalisée

Le Cameroun n’est pas un cas isolé. Au Sénégal, si l’homosexualité n’est pas criminalisée explicitement dans les textes de loi, l’article 319 du code pénal qui condamne les actes contre nature est systématiquement convoqué pour justifier la traque légale des homosexuels. Dans ce pays à près de 95% musulman, les homosexuels font l’objet d’un rejet social. Raison pour laquelle, le président Macky Sall ne manque jamais l’occasion de souligner qu’il n’y aura pas une dépénalisation de l’homosexualité sous sa présidence en dépit des pressions des Etats occidentaux et des organisations internationales. Ce qui n’empêche pas que la question revienne en permanence à l’ordre du jour, principalement à la veille des échéances électorales.

L’homosexualité est un enjeu politique majeur au Sénégal. D’ailleurs, une proposition de loi criminalisant directement l’homosexualité se trouve actuellement dans les tiroirs de l’assemblée nationale.  Ndeye Kebe, présidente de Sourires de femmes, la seule association en charge de la protection des lesbiennes au Sénégal  souligne : « Vous ne pouvez pas regarder le 20h destiné  à la campagne électorale sans qu’on ne parle de l’homosexualité. Et durant la campagne, il n’y a pas un seul vendredi ou un imam ne fait pas de prêches sur l’homosexualité.  A la dernière campagne, un candidat avait un bulletin avec des couleurs roses. Pour sensibiliser l’opinion publique, ses adversaires ont montré le bulletin rose à la télévision et ont dit : si vous votez pour ça c’est que vous avez voté pour le mariage homosexuel ».

Personne n’est dès lors à l’abri d’une accusation de soutien aux homosexuels qu’elle soit fondée ou non. Karim Wade, fils de l’ancien chef d’Etat Abdoulaye Wade, aujourd’hui en exil, qui nourrissait des ambitions présidentielles en a d’ailleurs fais les frais. Thomas Ayissi, secrétaire général de la plate-forme PAC–DH, un réseau d’organisations en charge de la protection des homosexuels affirme que « l’homosexualité est la bombe nucléaire qui permet de flinguer les opposants. Lorsqu’à une époque ceux qui actuellement sont au pouvoir ont entamé un processus de sape du PDS d’Abdoulaye Wade qui a abouti à la chute de ce parti en 2012, l’un des angles d’attaque c’était que Karim Wade, le fils du président est un homosexuel. Qu’il a été surpris à l’aéroport, pardon c’est comme cela qu’il faut le dit, « se faire baiser par un pilote dans un avion privé ». Ça été dit comme ça. C’est une arme ».

Vers une “homophobie politique”

Sur cette base, l’homophobie ne peut pas simplement être perçue comme une manifestation spontanée du rejet des homosexuels, elle doit également être pensée comme une production de l’élite dominante dans une logique de neutralisation des adversaires politiques. C’est ce que j’appelle l’homophobie politique. C’est-à-dire l’usage du rejet de l’homosexualité comme ressource politique dans la dynamique de conquête ou de conservation du pouvoir.  Elle se renforce encore dans des contextes où en crise de légitimité, incapables d’apporter des réponses politiques et économiques face à une jeunesse paupérisée, sous éduquée et mal formée, l’homosexualité devient l’un des lieux de crispation de la colère sociale.

 

Victor Madrigal-Borloz appointed independent expert on sexual orientation and gender identity

Victor Madrigal-Borloz

On December 4, 2017, the United Nations Human Rights Council appointed Victor Madrigal-Borloz as the new Independent Expert on protection against violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity to replace Vitit Muntarbhorn, who resigned for personal reasons. [OHCHR Press Release: Announcement] Madrigal-Borloz is expected to begin his term as the new Independent Expert on January 1, 2018. [OutRight International] The Human Rights Council first created this special procedure mandate in a resolution adopted in November 2016 after a controversial debate. [OHCHR Press Release: New Mandate] The mandate is up for renewal in 2019, at which time, assuming the mandate is renewed, Madrigal-Borloz will be able to serve an additional three years. [OutRight International] In addition to being the current Secretary General of the International Rehabilitation Council for Torture Victims, Madrigal-Borloz has served on the Board of Directors of the International Justice Resource Center since 2011.

Madrigal-Borloz & Muntarbhorn

Madrigal-Borloz brings a variety of experience to the role, having previously worked at the Inter-American Court of Human Rights and Inter-American Commission on Human Rights, where he was the founding staff member for the unit on LGBTI persons’ rights. He has also previously served a term as a member of the Subcommittee on the Prevention of Torture (SPT), a UN human rights treaty body. See IJRC, Victor Madrigal-Borloz. As detailed in his application, with regard to the rights of LGBTI persons’, Madrigal-Borloz’s work has included serving as the SPT’s rapporteur on LGBTI matters in 2014 and 2015, during which time he spearheaded the SPT’s policy on this issue, and leading the Inter-American Commission’s preparation of a plan of action regarding the rights of LGBTI persons.

He was chosen out of an original list of 11 candidates who applied to replace Muntarbhorn.

Muntarbhorn was the first person to hold this mandate and assumed the position of Independent Expert on protection against violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity in September 2016. Muntarbhorn had previously served on other UN bodies, including as Special Rapporteur on the situation of human rights in the Democratic People’s Republic of KoreaSpecial Rapporteur on the sale and sexual exploitation of children, and as a commissioner on the Independent International Commission of inquiry on SyriaSee OHCHR, Vitit Muntarbhorn.

Mandate of the Independent Expert

The mandate of the Independent Expert on protection against violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity was first announced on July 8, 2016. [OHCHR Press Release: New Mandate] The Independent Expert on sexual orientation and gender identity is tasked with assessing the implementation of existing international human rights instruments, raising awareness of violence and discrimination against persons on the basis of their sexual orientation and gender identity, engaging in dialogue with States and other stakeholders, working with States to encourage implementation of laws and measures that reduce violence against individuals on the basis of their sexual orientation and gender identity, and conducting capacity-building and international cooperation to support States and national efforts to combat discrimination. See UN Human Rights Council, Resolution 32/2, Protection against violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity, UN Doc. A/HRC/RES/32/2, 30 June 2016, paras. 3(a)-(f). The Independent Expert may also receive complaints regarding alleged instances of discrimination against individuals on the basis of their sexual orientation or gender identity. See IJRC, Independent Expert on protection against violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity.

The Independent Expert is required to report annually to the UN Human Rights Council and the UN General Assembly. See UN Human Rights Council, Protection against violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity, para. 4. Muntarbhorn, as Independent Expert, submitted a report to the UN Human Rights Council at its 35th Session and a report to the 72nd UN General Assembly. See Report of the Independent Expert on protection against violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity, UN Doc. A/HRC/35/36, 19 April 2017; Report of the Independent Expert on protection against violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity, UN Doc. A/72/172, 19 July 2017. Those reports reviewed the relevant international human rights standards and some of the more prevalent rights violations affecting LGBTI persons.

Background

The creation of the mandate on sexual orientation and gender identity was controversial, with 23 Human Rights Council Member States voting in favor of its creation, 18 voting against, and six abstaining. [OHCHR Press Release: New MandateSee UN Human Rights Council, Protection against violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity, at 3. The breakdown in voting was largely geographical. No African State voted in favor of the resolution, but instead voted against it or abstained. See id. All States from Western Europe and other States voted for the motion. See id. States from Eastern Europe, Asia, and Latin America and Caribbean were split in their votes. See id.

This special procedure mandate was created five years after the UN Human Rights Council’s very first adoption of a resolution that addressed sexual orientation and gender identity. See UN Human Rights Council, Resolution 17/19, Human rights, sexual orientation and gender identity, UN Doc. A/HRC/RES/17/19, 14 July 2011. That 2011 resolution asked the Office of the High Commissioner on Human Rights (OHCHR) to conduct a study on violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity and how international human rights law can help curb that violence. See id. The OHCHR published its report later that same year, and published another updated report on the same topic in 2015. [IJRC]

Additional Information

For more information on the Independent Expert on sexual orientation and gender identityUN special procedures, or sexual orientation and gender identity, visit IJRC’s Online Resource Hub. To stay up-to-date on international human rights law news, visit IJRC’s News Room or subscribe to the IJRC Daily.

 

Homosexualité au Nigeria : la violence du quotidien

AFP Video le 

 Fin novembre, une trentaine d’hommes seront jugés à Lagos pour avoir commis des actes homosexuels. Au Nigeria, l’homosexualité est un délit passible de 14 ans de prison. Durée: 02:21

 

Egypte: Amnesty dénonce un projet de loi criminalisant l’homosexualité

EGYPTELe texte proposé par plusieurs députés égyptiens prévoit des peines d’un à trois ans d’emprisonnement pour les personnes de même sexe ayant eu des relations sexuelles…

20 Minutes avec AFP -  — 

26 hommes dénoncés en raison de leur homosexualité et arrêtés dans un hammam du Caire ont été jugés pour «débauche» en 2015. — MOHAMED EL-SHAHED / AFP

« Un revers pour les droits de l’Homme » en Egypte, s’alarme Amnesty International. L’association dénonce un projet de loi criminalisant l’homosexualité dans le pays, qu’elle qualifie de « profondément discriminatoire ».

Actuellement, le droit égyptien ne pénalise pas l’homosexualité en tant que telle mais les tribunaux utilisent les incriminations de « débauche » ou de « prostitution » pour condamner les homosexuels.

En octobre, plusieurs députés égyptiens ont proposé un texte prévoyant des peines de prison pour les personnes de même sexe ayant eu des relations sexuelles, dans les lieux publics comme privés. Les peines vont d’un à trois ans d’emprisonnement, selon le projet de loi. Les accusés risquent en cas de récidive jusqu’à cinq ans de prison.

>> A lire aussi : «C’est un devoir national de violer une femme» qui porte un jean déchiré, estime un avocat égyptien

Vague de répression contre la communauté homosexuelle

« Ce projet de loi profondément discriminatoire serait un énorme revers pour les droits de l’Homme et un autre coup de grâce porté aux droits sexuels en Egypte », a déclaré Najia Bounaim, directrice des campagnes pour l’Afrique du Nord à Amnesty International.

Une vague de répression contre la communauté homosexuelle a été menée dans le pays ces dernières semaines, après le concert au Caire le 22 septembre du groupe libanais Mashrou’ Leila, connu pour ses positions en faveur de la communauté LGBT. Une partie du public avait alors brandi des drapeaux arc-en-ciel symbole de la communauté LGBT, soulevant la polémique dans les médias et les réseaux sociaux.

>> A lire aussi : Macron ne veut «pas donner de leçons» sur les droits de l’Homme au président égyptien

Selon des sources sécuritaires, les forces de police ont arrêté 31 personnes depuis le concert. Le nombre de ces arrestations dépasserait 70 selon Amnesty. Le 19 novembre, un tribunal pénal du Caire devra se prononcer sur le sort de 17 personnes accusées de « débauche sexuelle ».

Ni la présidence, ni le gouvernement ne se sont publiquement exprimés sur le sujet. Le Conseil supérieur de régulation des médias, un organisme public, avait toutefois qualifié en septembre l’homosexualité de « maladie honteuse », interdisant aux organes de presse d’en faire la « promotion ».

 

Tanzanie: trois Sud-africains accusés de promouvoir l’homosexualité expulsés

28 OCT 2017 - TV5 MondeMise à jour 28.10.2017 à 13:00 © 2017 AFP
Capture d'écran de la Tanzanie. — Google Maps

Trois Sud-africains accusés par les autorités tanzaniennes de « promouvoir » le mariage homosexuel ont été expulsés vendredi soir vers leur pays d’origine, a annoncé leur organisation dans un communiqué transmis à l’AFP.

L’ONG Initiative for Strategic Litigation in Africa (ISLA) « confirme que trois de ses avocats qui avaient été arrêtés à Dar es Salaam le 17 octobre et placés en détention illégale depuis le 20 octobre, ont été expulsés plus tôt dans la soirée (vendredi) de Tanzanie ».

Les trois Sud-africains, parmi lesquels la secrétaire exécutive d’ISLA, l’avocate Sibongile Ndashe, avaient été arrêtés avec un Ougandais et des Tanzaniens membres de l’ONG locale Community Health Education Services and Advocacy (CHESA), dans un hôtel de Dar es Salaam.

La police avait affirmé le lendemain que ces personnes étaient réunies pour « promouvoir l’homosexualité » qui constitue un crime, selon la loi tanzanienne.

Dans la foulée, le gouvernement tanzanien avait suspendu toutes les activités de CHESA.

Dans un communiqué publié le 21 octobre, CHESA et ISLA avaient affirmé que la réunion visait seulement à se coordonner en vue d’une procédure judiciaire que les deux ONG comptent engager contre le gouvernement tanzanien.

Elles entendent contester « la décision du gouvernement de limiter l’approvisionnement de certains services de santé qu’il dispensait antérieurement ».

En juillet 2016, le gouvernement tanzanien avait interdit l’importation et la vente de gels lubrifiants, qui ne seraient prétendument utilisés que par les homosexuels.

La ministre de la Santé, Ummy Mwalimu, avait justifié cette interdiction en affirmant que la vente et parfois la distribution gratuite de ces gels encourageaient les rapports homosexuels, interdits dans le pays.

En février, la Tanzanie avait ordonné la fermeture de certains centres de santé spécialisés dans la lutte contre le sida, les accusant de promouvoir l’homosexualité, une décision critiquée par les États-Unis.

Le gouvernement tanzanien a par ailleurs promis d’expulser les étrangers défendant les droits des homosexuels.

L’homosexualité est illégale dans 38 des 54 pays d’Afrique et est passible de la peine de mort en Mauritanie, au Soudan et en Somalie, selon Amnesty International.

En Egypte, l’étau se resserre sur la communauté homosexuelle

Par Le Monde.fr avec AFP

Le drapeau arc-en-ciel est le symbole de la communauté LGBT. (photo d’illustration)

« Débauche »« perversion »« maladie »« déviance » : ces derniers jours en Egyptemédias et autorités ont jeté l’opprobre sur l’homosexualité, sur fond de chasse à l’homme menée par la police. Depuis le scandale suscité par la présence de drapeaux arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenre), lors d’un concert du groupe libanais Mashrou’ Leila vendredi 22 septembre au Caire, les arrestations d’homosexuels supposés se multiplient.

Quelque 31 personnes ont été interpellées, dont dix en lien direct avec ce concert, et cinq autres sont recherchées par la police, selon des sources judiciaires et sécuritaires. De son côté, l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), une ONG locale, estime que le nombre de personnes arrêtées s’élève à 57 entre le 19 septembre et le 2 octobre. Parmi elles, huit ont été condamnées à des peines d’un à six ans d’emprisonnement.

Lire aussi :   Tanzanie : 20 personnes accusées d’homosexualité arrêtées à Zanzibar

« Les forces de sécurité égyptiennes se sont livrées à une rafle de dizaines de personnes et ont effectué cinq examens anaux, ce qui montre une forte escalade dans les efforts des autorités pour persécuter et intimider les membres de la communauté [LGBT] », a dénoncé lundi Najia Bounaim, directrice des campagnes Afrique du Nord d’Amnesty International.

Lundi encore, le procureur de la sécurité d’Etat a ordonné l’arrestation de deux jeunes accusés d’avoir brandi le drapeau LGBT durant le concert de Mashrou’ Leila. Le parquet a décidé de les maintenir en détention durant au moins quinze jours afin de mener une enquête pour « participation à un rassemblement illégal et incitation à la débauche ».

Dans la plupart des cas, les incriminations de « débauche » et d’« incitation à la débauche » sont utilisées par la justice pour contourner l’absence de pénalisation explicite de l’homosexualité en Egypte.

« Chasse aux sorcières »

Afficher son soutien à la cause LGBT en brandissant le drapeau arc-en-ciel est un geste rare en Egypte, société conservatrice et religieuse où l’homosexualité reste perçue comme une anomalie. Ce geste a d’autant plus enhardi les autorités égyptiennes que Mashrou’ Leila est connu mondialement comme un groupe de pop-rock arabophone engagé en faveur de la cause LGBT.

« Il est répugnant de penser que toute cette hystérie a été générée à cause de quelques enfants ayant brandi un bout de tissu qui défend l’amour », s’est ému le groupe via un post Facebook dénonçant une « chasse aux sorcières ». Déjà persona non grata en Jordanie, le groupe libanais ne devrait plus pouvoir se produire en Egypte à l’avenir, comme l’a annoncé le très conservateur Syndicat des musiciens.

Lire aussi :   « En Afrique, l’émancipation des homosexuels est liée à celle des femmes »

Si la polémique a permis un débat marginal, via les réseaux sociaux, sur les libertés individuelles, elle a aussi été l’occasion pour les médias locaux de lancer des anathèmes contre la communauté gay. Le Conseil supérieur de régulation des médias a d’ailleurs interdit, samedi, toute « promotion de l’homosexualité » dans les médias, la qualifiant de « maladie honteuse ».

« Les médias jouent un rôle très important en promouvant un discours haineux et en appelant la police à arrêter les homosexuels », regrette Dalia Abd Al-Hameed, chargée de suivre ces dossiers à l’EIPR. Résultat : les autorités « arrêtent de manière aléatoire des personnes qui n’ont rien à voir avec le concert dans le but de les punir pour un acte pacifique tel que brandir un drapeau arc-en-ciel », ajoute-t-elle.

« Déviance sexuelle »

Un imam de la mosquée d’Al-Azhar, liée à la grande institution de l’islam sunnite, a évoqué la question lors de son prêche du vendredi : « De même qu’Al-Azhar agit contre les groupes extrémistes […], elle combattra avec force la dégénérescence et la déviance sexuelles », a-t-il déclaré. L’église copte a également manifesté son rejet de l’homosexualité.

Ce n’est pas la première fois que la répression s’abat sur la communauté LGBT en Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe. Parmi les affaires les plus célèbres, l’arrestation en 2001 de 52 hommes au Queen Boat, boîte de nuit située sur le Nil, avait ému la communauté internationale et mobilisé les ONG.

 

Nigeria: une pétition demande la libération de 42 hommes accusés d’homosexualité

Par RFI Publié le 06-08-2017 Modifié le 06-08-2017 à 09:22
Une manifestation de soutien à la communauté LGBT nigériane, en 2014, devant la haute commission nigériane à Nairobi, au Kenya. © SIMON MAINA / AFP

 

Au Nigeria, une pétition a été lancée sur les réseaux sociaux et adressée au ministre de la Justice, Abubakar Malami, pour demander la libération de 42 hommes accusés d’homosexualité. Les activistes qui appellent à soutenir ce mouvement savent que le combat pour l’égalité ne fait que commencer, mais qu’il est loin d’être gagné.

Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 juillet, 42 personnes avaient été arrêtées dans un hôtel du quartier de Owode-Onirin, dans l’extrême nord de Lagos, après un raid de la police. Au Nigeria, l’homosexualité est interdite et est répréhensible de 14 ans de prison. Des activistes militants pour les droits des gays tentent de faire évoluer les mentalités dans un pays où la religion occupe une grande place.

« Il y a encore 87% des Nigérians qui pensent que la loi interdisant le mariage de même sexe est une bonne chose. Et quand vous êtes un politicien, vous ne voulez pas aller contre 87% de vos électeurs potentiels », reconnait Ashiwaju Bisi Alimi, un militant pour la cause gay.

« Mais ce que nous voudrions, c’est un environnement où – comme n’importe quel Nigérian – nous pourrions avoir le droit de nous réunir, le droit d’accéder aux informations et de participer au processus démocratique, poursuit-il. Jamais par la passé au Nigeria, il n’y a eu de véritable mouvement en faveur du mariage de personnes du même sexe, ou même pour réclamer pour la légalisation des pratiques homosexuelles. Mais ce que nous voudrions, ce serait de pouvoir respirer, vivre et faire partie de la société nigériane ».

Signer la pétition 

 

Namibie: première Gay Pride à Windhoek

Par Dominique Cettour-Rose @GeopolisAfrique | Publié le 31/07/2017 à 18H05, mis à jour le 31/07/2017 à 18H29
Namibie première Gay Pride à Windhoek 29 juillet 2017.
 Namibie: première Gay Pride à Windhoek, le 29 juillet 2017.© Hildegard Titus / AFP

 

Un rassemblement de 150 personnes qui revendiquent le droit à une meilleure protection légale pour les LGBT de Namibie: la scène est inédite dans la capitale de ce pays d’Afrique australe. Des marches contre la discrimination des gays et des lesbiennes ont déjà été organisées dans d’autres villes, l’homosexualité étant toujours pénalisée, malgré une certaine tolérance de la part des habitants.

C’est au cris de «Tous unis» que les manifestants, encadrés par la police, ont parcouru l’avenue principale de Windhoek, agitant des drapeaux aux couleurs de l’arc-en-ciel. Parmi eux, Friedel Dausab, directeur de l’organisation LGBTI,Out-Right Namibia«Notre demande n’est pas le mariage. Notre demande c’est que les couples qui vivent ensemble puissent bénéficier d’une certaine protection légale», a-t-il déclaré.

La question la question des droits des homosexuels est sensible en Namibie, pays de 2,1 millions d’habitants faisant partie des quatre Etats les plus tolérants d’Afrique vis-à-vis des gays. Avec 55% d’opinions positives, la Namibie arrive toutefois en dernière position, derrière le Mozambique (56%), l’Afrique du Sud (69%) et le Cap Vert (74%), selon une étude d’Afrobaromètrepubliée en mars 2016. Ailleurs en Afrique, cette tolérance est proche de zéro, l’homosexualité restant sévèrement réprimée par des lois. C’est le cas en Ouganda, au Niger ou au Burkina Faso.

En Namibie, la Constitution condamne toute discrimination fondée sur le sexe, la race, la couleur de peau, l’origine ethnique, la religion ou le statut social ou économique. La loi de 1927 interdisant la sodomie n’est plus appliquée depuis l’indépendance du pays en 1990. Néanmoins, dans les années qui ont suivi, les plus hauts dirigeants namibiens ne se sont pas privés pour tenir un discours discriminant vis-à-vis des homosexuels.
En 1996, le président de l’époque Sam Nujom déclarait notamment que «les homosexuels doivent être condamnés et rejetés dans notre société». Puis, cinq ans plus tard, il récidivait: «La police a l’ordre de vous arrêter, vous déporter et vous emprisonner». En 2000, c’était au tour du ministre Jerry Ekandjo d’affirmer que la police devait «éliminer» les homosexuels «de la face de la Namibie».

Mais pour Wendelinus Hamutenya, l’homosexuel le plus connu de son pays, «l’Afrique avance». C’est ce qu’il déclarait en 2011, alors âgé de 25 ans, après avoir remporté le premier concours de beauté «Mister Gay Namibie» à Johannesburg. Deux semaines après sa victoire (le 26 novembre 2011), il est passé à tabac par deux hommes et transporté à l’hôpital, aidé par des voisins. La plainte qu’il a déposée sera déclarée «perdue» par le commissariat.

Cette agression avait été condamnée par Out-Right Namibia. Sa directrice Linda Baumann insistait alors sur le fait que de nombreux homosexuels dans le pays doivent encore se marier avec une femme pour se plier aux conventions, tandis que les lesbiennes sont régulièrement victimes de viols de la part d’hommes qui cherchent à les «guérir».

Des marches contre la discrimination des gays et lesbiennes ont déjà été organisées dans d’autres villes de Namibie, mais c’est la première fois qu’un tel rassemblement se déroulait dans la capitale.

 

Nigeria : une quarantaine de personnes arrêtées pour «homosexualité»

 

Photo d'illustration

 

La démonstration d’affection homosexuelle est passible de 14 ans de prison au Nigeria (Photo d’illustration)[PUNIT PARANJPE / AFP]

 

Plus de quarante hommes ont été arrêtés ce week-end dans un hôtel du Nigeria. Ils sont accusés d’homosexualité.

C’est à 15h30, samedi, que des policiers ont fait irruption dans l’hôtel Vincent, situé dans la région de Lagos, capitale nigériane. Leur raid a mené à l’arrestation de 42 hommes, accusés d’avoir eu des «actes homosexuels».

Jusqu’à 14 ans de prison

L’hôtel en question est «connu pour abriter des homosexuels. Ils étaient là quand la police a frappé», a expliqué un témoin au site The Punch, précisant que les hommes, désormais entre les mains des autorités locales, passeraient «bientôt» au tribunal.

Les relations homosexuelles sont explicitement bannies dans 72 pays, dont le Nigeria. Les relations homosexuelles sont interdites dans le pays depuis 1901, et le président Goodluck Jonathan a durci la loi fin 2013. Depuis, tout témoignage d’affection entre deux personnes du même sexe est passible de 10 à 14 ans de prison, voire de lapidation dans certaines régions. Le mariage homosexuel est bien entendu formellement proscrit, tout comme «la cohabitation entre personnes dumême sexe». Autre nouveauté de cette loi, la non-dénonciation d’un homosexuel vaut jusqu’à dix ans de prison.

Loin d’être un cas isolé

Evidemment, cette législation a amplifié l’homophobie dans cette nation au paysage religieux très marqué. Ici, les courants chrétiens comme musulmans condamnent fermement les relations du même sexe.

Ainsi, cet incident est loin d’être un cas isolé. En avril, des policiers ont embarqué 53 personnes lors d’une fête, illégale car elle célébrait un mariage gay. Début juin, l’écrivain nigérian Chibuihe Obi a été porté disparu après la publication d’un essai sur l’allophobie, dans lequel il racontait les comportements hostiles qu’il avait eu à subir en tant qu’homosexuel.

 

Moi, Hedi Sahly, homosexuel et activiste, j’ai dû fuir la Tunisie

Par 

 

Hedi Shaly est le vice-président de Shams Tunisie, une association qui milite pour les droits des LGBT, dans un pays où l’homosexualité est punie par la loi. Il est aujourd’hui demandeur d’asile en France, suite aux menaces de mort qui pèsent contre lui et sa famille.

« Quand nous avons créé Shams pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie, c’était avant tout pour sortir de l’ombre, et profiter de l’élan de la révolution. À cette époque, je ne mesurais pas les risques de mon engagement, ni combien ma vie changerait. Nous étions six amis, six membres fondateurs et en seulement quelques années, notre monde a été chamboulé. Entre l’exil, les agressions et les tentatives de suicide, nous avons tous eu notre lot de malheurs. Et pourtant si c’était à refaire, je le referais sans hésiter.

Partir n’a pas été une décision facile à prendre. Avant Shams, jamais je n’aurais pensé quitter la Tunisie, laisser ma mère. Il m’a fallu trois années de réflexion et une série de menaces pour envisager de m’exiler.

Mes études et ma familles ont pâti de mon engagement

En 2012, les choses étaient plutôt calmes, nous n’étions pas encore connus du grand public. C’est la médiatisation qui a marqué un point de non retour pour nous tous. Bouhdid Belhedi a été le premier à s’exposer sur le plateau de Nessma. Après l’émission, il n’a même pas pu rentrer chez lui : des salafistes l’attendaient devant sa maison. Peu après son intervention, un prêche appelant à son assassinat a été lancé. Nous avons du le cacher, pour le protéger d’éventuelles représailles.

C’est après mon passage à la télé que tout a basculé

En tant que vice-président de l’association, il était de ma responsabilité de prendre la relève. J’ai donc participé à une émission télévisée très populaire en Tunisie, Labes, diffusée sur la chaîne d’Elhiwar Ettounsi. Et comme pour Bouhdid, c’est après cette intervention que tout a basculé pour moi.

Mes études de droit ont été les premières à en pâtir. Des membres de l’Union générale des étudiants de Tunisie (Uget), le syndicat étudiant dont je faisais partie à l’époque, m’ont interdit l’accès à mon université. J’ai tenté d’en parler au doyen de l’université, mais il a refusé d’intervenir en ma faveur.

Moi qui étais bon élève, j’ai vu mes ambitions partir en fumée parce que j’étais homosexuel et activiste

Un de mes professeurs, un avocat très respecté dans son milieu, m’a aussi assuré que tant que lui serait examinateur au concours du barreau, je ne serai jamais avocat, peu importe les résultats que je pourrais obtenir. Selon lui, la communauté des avocats n’avait nullement besoin de personnes comme moi, qui allaient salir la profession. Moi qui avais toujours été bon élève, qui étais passionné par mes études, j’ai vu mes ambitions partir en fumée, parce que j’étais homosexuel et activiste.

Ensuite, c’est ma famille qui a commencé à souffrir des conséquences de mon exposition médiatique. Mon petit frère a été victime de violences physiques dans son lycée, car il faisait partie de mon entourage. Désormais, il ne fréquente même plus son établissement scolaire, les autres élèves lui ont rendu la vie impossible. Mon père a été dérangé sur son lieu de travail, ma mère a été agressée verbalement alors qu’elle faisait ses courses au marché….

Les autorités ont refusé de nous protéger

La situation s’est encore dégradée par la suite. La Troïka est arrivée au pouvoir [de 2011 à 2014, NDLR], et les extrémistes et la mouvance salafiste ont prospéré dans le pays. Avec d’autres membres de l’association, j’ai été convoqué par le ministère de l’Intérieur. Là-bas, on nous a demandé de nous faire discrets, car nous étions tous sujets à des menaces de mort récurrentes. On nous a aussi informé que dans une vidéo, le groupe terroriste Katibat Okba Ibn Nafaâ avait diffusé des photos des membres de Shams et lancé des appels au meurtre à leur encontre. Nous avons demandé une protection, qu’on nous a refusée. Pourtant, à ce moment-là, de nombreux blogueurs, artistes ou hommes politiques bénéficiaient d’une sécurité offerte par l’État…

Un prédicateur est venu jusqu’à chez moi, me dire qu’il allait tout faire pour me punir

Outre un harcèlement virtuel permanent − vidéos et messages d’insultes notamment −, les menaces sont devenues de plus en plus réelles. Une fois, un prédicateur est même venu jusqu’à chez moi. Il m’a dit qu’il allait tout faire pour me punir et qu’aucun de mes proches ne serait épargné.

La peur ne m’a alors plus quitté. À chaque fois que je sortais de chez moi, je vérifiais si quelqu’un m’attendait dehors. J’avais une boule au ventre à chacun de mes déplacements. Mon père a même dû installer des caméras de surveillance autour de notre maison. Même chez moi, je ne me sentais plus en sécurité. Je vagabondais, je dormais chez les uns et les autres, en espérant qu’il ne m’arriverait rien.

La police, elle aussi, harcelait mon père. Des hommes le contactaient pour lui dire de me calmer et de faire pression sur moi pour que je quitte Shams. Si notre exposition médiatique nous permettait au moins de nous épargner une éventuelle arrestation pour homosexualité, les forces de l’ordre n’étaient clairement pas de notre côté. Nous étions tous harcelés et malmenés par la police dès que l’occasion se présentait.

Nous sommes allés porter plainte, les policiers nous ont dit que nos agresseurs auraient dû nous tuer

Je me souviens, qu’une fois, mon copain et moi avons été agressés et, malgré les risques, nous sommes allés porter plainte. Au centre de police, nous avons encore une fois été tabassés et insultés, les policiers nous ont même dit que nos agresseurs auraient dû nous tuer.

En décembre 2015, je suis parti en France

En Tunisie, aucun homme politique n’a pu nous aider. Même ceux qui se disaient de notre côté, étaient dans l’incapacité de faire quoique ce soit. « Il y’a d’autres priorités pour l’instant, la dépénalisation de l’homosexualité attendra. » Cette phrase, on nous l’a répétée d’innombrable fois.

Ce n’est que quelques jours avant mon départ, que j’ai compris que je ne pouvais plus rester dans mon pays. Un jour, dans mon jardin, j’ai retrouvé des vêtements à moi, couverts de sang. Le message était clair : en restant en Tunisie, je risquais bel et bien de mourir.

Un jour, dans mon jardin, j’ai retrouvé des vêtements à moi, couverts de sang

Les choses sont alors allées très vite. Mon oncle qui travaille au ministère de l’intérieur a reçu des informations à mon sujet, assez graves pour me demander de quitter le territoire au plus vite. Il m’a assuré que je n’avais plus le choix. Puisque le ministère de l’Intérieur ne voulait toujours pas m’offrir sa protection, l’exil était devenue ma seule option.

Alors, en décembre 2015, je suis parti. J’ai eu beaucoup de mal à accepter l’idée d’un départ forcé. Mon corps a bel et bien fui en France, mais mon esprit, lui, est resté là-bas. Ces derniers jours, je commence enfin à me sentir mieux. Je vais reprendre le combat. Puisqu’ici je suis libre de parler, alors je parlerai pour tous ceux qui n’ont d’autre choix que de se taire en Tunisie.

Je sais que ce ne sera pas simple, que la route est encore longue mais je suis convaincu qu’un jour je pourrai enfin rentrer chez moi. »

La Tanzanie menace d’arrêter les défenseurs des droits des homosexuels

 

 

Le ministre tanzanien de l’Intérieur veut « arrêter et traduire en justice » toutes les organisations qui défendent les droits des homosexuels. Mwigulu Nchemba a également menacé d’expulser « sans le moindre délai » tout étranger pris à mener des campagnes pour le compte de ces organisations.

« Je voudrais rappeler et avertir toutes les organisations et institutions qui font campagne et prétendent défendre les intérêts des homosexuels. Nous allons arrêter et traduire en justice tous ceux qui sont impliqués », a lancé dimanche 25 juin le ministre tanzanien de l’Intérieur, Mwigulu Nchemba. « Ceux qui veulent l’homosexualité devraient partir vivre dans les pays qui acceptent ce genre de pratiques », a-t-il ajouté dans un discours prononcé lors d’une cérémonie de levée de fonds pour la construction d’une église à Dodoma, dans le centre du pays.

Selon le quotidien gouvernemental Daily News, Mwigulu Nchemba a également prévenu que « s’il y a une organisation dans le pays qui soutient et plaide en faveur de l’homosexualité, elle perdra son enregistrement ». « Si nous trouvons un étranger menant cette campagne, il ou elle sera déporté(e) sans le moindre délai. Ils n’auront même pas le temps de retirer leur téléphone portable de la prise électrique », a-t-il par ailleurs menacé.

“Ils nous ont apporté la drogue, les pratiques homosexuelles que même les vaches réprouvent”

Un discours qui fait directement écho aux récents propos du président tanzanien, John Magufuli. Jeudi 22 juin, celui-ci s’en était pris déjà aux organisations qui défendent les droits des homosexuels – mais aussi le droit pour les mères adolescentes de continuer leur scolarité. « Ceux qui nous enseignent des choses pareilles ne nous aiment pas, mes frères. Ils nous ont apporté la drogue, les pratiques homosexuelles que même les vaches réprouvent », avait alors déclaré John Magufuli. Il avait également exhorté les Tanzaniens à ne pas « imiter ces pratiques indignes ».

L’homosexualité illégale en Tanzanie

Le président tanzanien balaye également les menaces d’une éventuelle suspension des aides par les bailleurs, qui voient d’un mauvais œil les atteintes aux droits des personnes homosexuelles. « Vous, vous élevez du bétail ; mais avez-vous jamais vu une chèvre ou un porc se livrer à ce jeu ? Et ces gens veulent que les Tanzaniens s’y adonnent », a-t-il lancé dans son discours de jeudi dernier, jugeant par ailleurs que les Occidentaux « brandissent l’aide, mais ce sont les ressources qu’ils nous volent ! ».

L’homosexualité est illégale en Tanzanie, et punie de lourdes peines de prison. En février dernier, le gouvernement tanzanien avait déjà menacé de publier des listes de noms de personnes présentées comme homosexuelles. Menace qui, finalement, n’avait pas été mise à exécution. Mais dans le même temps, les autorités avaient ordonné la fermeture de plusieurs centres de santé dédiés à la lutte contre le sida, les accusant de promouvoir l’homosexualité.

 

L’Afrique, un continent homophobe ?

L’Afrique du Sud fait figure d’exception sur le continent, avec une législation autorisant le mariage et l’adoption aux homosexuels. Trente-trois pays criminalisent l’homosexualité et dans quatre d’entre eux – la Mauritanie, le Soudan, certains Etats du nord du Nigeria et des régions du sud de la Somalie –, la peine de mort y est encore appliquée. Certains pays prévoient des peines très sévères sans qu’elles soient forcément appliquées. A l’inverse, certains Etats n’ont pas les lois les plus extrêmes mais les appliquent durement. Mais la condition des homosexuels ne se résume pas aux lois existantes. Lynchages, viols de redressement et châtiments corporels sont fréquents en Afrique, alors qu’au sommet des Etats, on présente l’homosexualité comme une perversion importée de l’Occident.

 

Olave, transgenre burundais, future députée aux Pays-Bas ?

Photo d'illustration: ART1KELPOLITIQUE 

Olave Basabose est avant tout un transgenre. Se définissant comme une femme, « elle »  tient à ce qu’on la  traite ainsi. Enfant, elle a fui le Burundi à l’âge de 9 ans. Installée depuis lors aux Pays-Bas, elle s’est investie dans la protection des droits des minorités sexuelles. Actuellement, elle participe aux législatives néerlandaises de ce  15 mars en tant que candidate du parti Artikel 1 (Article 1).  Elle se confie à Yaga sur sa vie et la situation qui prévaut au Burundi.

Yaga :Qu’est-ce que le parti « Artikel 1 » ? Quelle fonction y occupez-vous ?

Olave Basabose : Artikel 1 est un nouveau parti qui a environ 10 semaines. Nous défendons l’égalité, l’émancipation et la justice sociale pour tous les résidents des Pays-Bas. Artikel 1 est nommé d’après le premier article de la Constitution néerlandaise, qui stipule que toute personne vivant aux Pays-Bas a le droit d’être traitée de manière égale (dans des circonstances égales) et qu’il est interdit de pratiquer une discrimination fondée sur la couleur, la religion, le sexe, etc. Notre objectif est de protéger les individus et communautés dont ce droit à l’égalité est menacé.

En tant que transgenre, vous sentez-vous suffisamment tolérée ? 

Mon expérience en tant que personne transgenre noire aux Pays-Bas a été problématique. C’est en partie  une des  raisons qui font que l’activisme politique soit très important pour moi. Les Pays-Bas sont convaincus qu’ils ont atteints l’acceptation totale des personnes LGBTQIA (Lesbian, Gay, Bisexual, Transsexual, Queer, Intersex, Asexual), ce qui est en partie faux et entraîne une sorte de stagnation. Il est alors devenu très difficile de créer réellement des politiques émancipatrices pour ces minorités sexuelles, afin d’améliorer leurs vies. Ma participation à la politique est inspirée par le désir de ne plus être passif et d’accepter la pensée commune qui veut me faire croire que tout est déjà parfait pour moi, alors que je rencontre une homophobie institutionnalisée et un racisme permanent dans ma vie.

Gardez-vous des racines au Burundi ? Que savez-vous de la situation des LGBT au Burundi ?

J’ai des liens profonds et forts avec le Burundi. Le Burundi me manque chaque jour. Ma famille et mes amis me manquent. Les jeunes et braves militants LGBTQIA burundais que j’ai rencontrés quand je vivais et travaillais au Burundi (en 2013) m’ont vraiment inspirée pour poursuivre mon activisme politique. J’ai été formée comme avocate d’entreprise aux Pays-Bas, et les questions socio-économiques et sociopolitiques ne m’avaient jamais interpellée, jusqu’à ce que je rencontre tous ces jeunes héros et héroïnes. Malgré le fait qu’ils évoluent dans un espace liberticide envers les LGBTQIA, ils combattent et travaillent pour de meilleures conditions de vie pour tous les Burundais, peu importe leur identité sexuelle et leur orientation sexuelle.

Que savez de la crise qui secoue le Burundi actuellement ? 

La situation au Burundi me remplit de colère, parfois, de douleur, souvent, et d’espoir, toujours. L’émergence d’un mouvement jeune, politiquement conscient et ethniquement uni pour le progrès, la démocratie et le développement me donne de l’espoir. Le mouvement a refusé de se diviser, en dépit des efforts du gouvernement pour monter les individus et les communautés les uns contre les autres. Je pense que le Burundi a de réels espoirs, tant que nous pensons d’une manière unifiée, tant que nous serons solidaires, tant que nous nous battrons pour la démocratie, tant que nous viserons le progrès, aussi longtemps que nous espérerons ensemble.

Croyez-vous qu’un parti comme « Artikel 1 » puisse exister au Burundi?

Sans aucun doute. Je crois fermement que les Burundais sont culturellement et philosophiquement enclins à l’harmonie, à l’égalité et à la dignité pour tous. Artikel1 vise à protéger et défendre le droit de chacun à une vie digne. La dignité exige l’égalité de traitement et l’égalité socio-politique et socio-économique. La dignité ne peut être atteinte que par la solidarité, le respect et la liberté de pensée, de mouvement, de parole et d’action. Notre vie au Burundi, en tant que personnes LGBTQIA, femmes, hommes, Hutu, Tutsi, Twa, ressortissants étrangers, communautés religieuses, citoyens régionaux, etc., serait enrichie par un engagement radical à promouvoir la dignité et l’égalité des uns et des autres.

Si vous devenez députée, que ferez-vous pour le Burundi ?

En tant que députée aux Pays-Bas, je défendrais une politique étrangère émancipatrice envers le Burundi. Ce dont nous avons besoin, en tant que Burundais, c’est des partenaires engagés dans notre émancipation en tant qu’individus et communautés. Nous avons besoin de partenaires pour nos initiatives locales, un soutien efficace des entreprises émergentes, des médias libres et indépendants et de la société civile. Nous avons besoin d’une éducation libre et culturellement sensible pour nos enfants, qui leur donnera les outils pour prospérer en tant qu’êtres humains, citoyens et Burundais; en d’autres termes, nous devons pouvoir compter sur des partenaires qui respectent notre dignité en tant qu’individus, communautés et pays.

Les Médecins du monde pansent l’homophobie en Ouganda

Têtu 05/01/2017 - 17:34 | Par Julie Baret - Crédit photo Médecins du monde

Les Médecins du monde pansent l'homophobie en Ouganda

En Ouganda, gays et lesbiennes sont opprimés, violentés, emprisonnés par l’Etat. Dans ce pays où la parole religieuse est très forte, les Médecins du Monde empruntent la voie de la santé pour améliorer le quotidien des LGBT.

Notre engagement remonte à un projet de loi de 2009 qui prévoyait de durcir la législation anti-homosexuelle dans le pays et d’introduire le concept d’«homosexualité aggravée» où le fait d’être séropositif était une circonstance aggravante de l’homosexualité. On s’est dit «Nous sommes une ONG médicale, nous ne pouvons pas accepter le fait qu’être porteur d’une maladie soit criminalisé».

Bertrand Brequeville est responsable desk aux Médecins du Monde. Il fait le lien entre les services du siège et les équipes présentes en Ouganda, où l’organisation mène son seul projet spécifiquement LGBT. L’idée a germé en 2009, lorsque le pays a lancé un projet de loi prévoyant la prison à vie pour les homosexuels, et la peine de mort pour ceux étant porteurs du VIH. Dans un contexte où les homos subissent déjà une pression légale, sociale et familiale, Médecins du Monde décide d’unir ses forces à celles de MARPI (Most At Risk Population Initiative). Cette structure ougandaise créée pour défendre les minorités sexuelles sur le terrain est parvenue à se faire du ministère de la Santé un allié. Aujourd’hui, elle gère une clinique LGBT-friendly en plein cœur de la capitale ougandaise. Alors que de nombreux gays et lesbiennes craignent de consulter un médecin par peur d’être stigmatisé ou dénoncé, la clinique garantit un minimum de soins aux LGBT de Kampala; elle fonctionne « comme une petit oasis » connue grâce au bouche à oreille et aux petites associations LGBT qui s’en font l’écho.

« Il y a un fort décalage entre d’un côté une loi très dure – avec des peines de prison, des descentes de police, l’arrestation de leaders LGBT, etc. – et de l’autre un ministère de la santé conscient des enjeux de santé publique, et bienveillant envers MARPI  » constate Bertrand Brequeville. « C’est le grand écart ».

Viols, chasse aux sorcière, menaces

D’après l’enquête Crane Survey (2010) citée par l’organisme, 37% des homosexuels de Kampala auraient subi des violences physiques. 1 homosexuel sur 5 (26%) déclare avoir été violé. Or « beaucoup de victimes rechignent à porter plainte car elles craignent que leur homosexualité soit découverte au moment de la déposition » analyse Bertrand Brequeville, donc « les violences à l’encontre des personnes LGBT sont largement sous-rapportées. »

En 2013 surtout, le pays fut le théâtre d’une véritable chasse aux gays lancée par le gouvernement derrière le funeste slogan « Kill the gay ». Un journal local invitait même la population à faire justice elle-même en divulguant nom et adresse d’homosexuels présumés sous le titre « Pendez-les, ils en veulent à nos enfants. »

Cet été encore, la Gay Pride ougandaise organisée depuis 4 ans a été annulée. La faute au ministre en charge de l’Ethique et de l’Intégrité, qui a menacé d’envoyer les forces de l’ordre attaquer les manifestants.

En plus d’augmenter et d’améliorer les paquets de soins proposés par la clinique (et en particulier pour le traitement des codylomes anaux, une IST très fréquente chez les gays en Ouganda), Médecins du monde quitte donc le champs de la santé pour apporter d’autres supports à la communauté ougandaise. L’ONG forme ainsi les associations LGBT à l’élaboration de projets et à la recherche de financement. En 2015, elle a aussi apporté une aide financière directe à MARPI pour construire plusieurs salles d’accueil au sein de la clinique, et permettre aux militants LGBT de se retrouver dans un cadre convivial.

Partir de la santé pour aller vers d’autres droits, « c’est très classique chez Médecins du monde »

« Dans le cas spécifique de l’Ouganda, on n’avait pas d’autres choix que de prendre cette porte d’entrée de la santé » argumente Bertrand Brequeville, « c’était presque la condition sine quanone pour que nous puissions travailler. Sinon ça aurait très difficile pour nous, ONG occidentale, d’arriver en Ouganda avec des plaidoyers très axés sur les Droits de l’Homme et les droits des minorités. On se serait fait retoquer par le gouvernement. Là ça nous permet de mettre un pied dans le pays et d’étoffer le projet de fil en aiguille vers des plaidoyers plus politiques. C’est très classique chez Médecins du monde. »

Ce dernier sait toutefois que le travail est encore long. Les Médecins du monde souhaitent notamment exporter le modèle développé par MARPI à Kampala à d’autres hôpitaux régionaux où l’accès aux soins et surtout à la santé sexuelle est encore plus difficile, former des paires au sein de la communauté LGBT pour identifier les cas de violences, et assurer une meilleure prise en charge médicale, psycho-sociales voire judiciaire pour les victimes.

La lutte contre l’homophobie en Ouganda menée par Médecins du monde a récemment été mis à l’honneur par une campagne destinée à remercier les donateurs qui font vivre l’organisation depuis 36 ans :

La Beauté du monde.

Pour l’entrevoir, il faut parfois le pire. Il faut l’homophobie devenue violence d’Etat, propagée par les crachats, les insultes. Gravée à la machette sur les visages, au cœur même de l’Afrique. Il faut des lois qui changent l’amour en crime. Il faut la virulence du sida, la peur omniprésente, la honte qui vous condamner à éviter les hôpitaux. Et c’est alors, et seulement alors, qu’on l’aperçoit. Dans une consultation médicale qui ne tourne pas au procès. Dans le regard d’un médecin qui ne s’érige pas en juge. Dans la douceur de paroles. La beauté de l’humain.

Tchad: le nouveau Code pénal et la question de l’homosexualité

Par RFI Publié le 13-12-2016 | © Bryan R. Smith / AFP

Le Parlement tchadien a adopté, lundi 12 décembre 2016, un nouveau Code pénal pour remplacer celui qui avait cours, datant de 1967 et devenu obsolète. Principales innovations : l’interdiction du mariage pour les mineurs ou encore l’abolition de la peine de mort, sauf pour les terroristes. Les parlementaires tchadiens ont en revanche choisi de maintenir de faibles peines contre les homosexuels.

Fin 2014, au moment d’adopter un projet de Code pénal, le gouvernement avait introduit une condamnation à des années de prison contre les personnes reconnues coupables d’homosexualité. Les milieux diplomatiques occidentaux s’étaient alors indignés bruyamment, et avaient obligé le gouvernement à faire marche arrière. Mais sans le faire renoncer à condamner la pratique.

Hamid Mahamat Dahalob, ministre de la Justice, garde des Sceaux chargé des droits humains : « Dans la dernière version du Code qui est adopté par notre Parlement, l’homosexualité est légèrement pénalisée. La peine est allégée, c’est une peine pécuniaire. C’est un sursis, par exemple. » Autrement dit, on n’ira plus en prison pour homosexualité, mais on risquera d’être frappé d’amendes ? « Oui, si, on peut l’interpréter aussi comme ça. »

Le gouvernement assume sa position du juste milieu

Il a fallu un lobby intense et des pressions politiques pour que les parlementaires acceptent de voter ce nouveau Code pénal. Ce qui n’a pas empêché certains de dire tout haut ce qu’ils en pensent. Comme Delwa Kassiré Coumakoye : « L’homosexualité est condamnée par toutes les religions. On n’a pas à pardonner quelque chose que Dieu même rejette, parce que les Occidentaux ont dit ceci, cela… »

« J’ai l’impression que particulièrement au Tchad, nous vivons par rapport aux idées des autres, confie l’ancien Premier ministre. Nous n’avons pas nos propres idées ! » Mais pour le gouvernement, la disposition actuelle du Code pénal est un juste dosage entre une opinion publique conservatrice et une communauté internationale intraitable sur la protection des minorités.

→ À relire : Les ONG montent au créneau contre le nouveau Code pénal tchadien

 

Homosexualité en Afrique, la différence tous risques

Par 

De la RD Congo au Nigeria, les gays vivent dans la peur et sous la menace de législations de plus en plus répressives. Pis : l’homosexualité est parfois instrumentalisée à des fins politiques.

“Je ne comprends pas comment on ne m’a pas encore tuée”, confie la présidente d’une association de lutte pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) à Yaoundé. Au Cameroun, les membres de la communauté vivent dans la peur. Depuis l’assassinat d’Éric Lembembe, en juillet 2013, tous craignent d’être “le prochain”. Militant pour les droits des homosexuels, Éric a été torturé, mutilé et brûlé. Depuis, l’enquête piétine. Pas de relevé d’empreintes ni de photo du corps, un certificat de décès muet sur les causes de celui-ci et qui ne mentionne pas les sévices subis… Comme quasiment partout en Afrique subsaharienne, la justice camerounaise semble peu encline à protéger les droits des homosexuels. En revanche, elle fait preuve de zèle dans la répression. Amendes, peines de prison, travaux forcés, voire peine de mort ne sont pas rares.

Au sud du Sahara, les législations contre l’homosexualité se classent parmi les plus sévères de la planète : trente-huit pays la qualifient de délit pénal. Et rares sont les hommes politiques qui, à l’image de Tharcisse Karugarama, l’ancien ministre rwandais de la Justice, considèrent qu’il s’agit d’”un sujet privé dont l’État ne doit pas se préoccuper”.

De moins en moins de droits pour les LGBT

Au contraire, les lois ont tendance à se durcir. Le 13 janvier, le Nigeria a adopté un texte restreignant davantage les droits des LGBT. La RD Congo pourrait lui emboîter le pas prochainement, une proposition de loi ayant été déposée en décembre 2013 à l’Assemblée nationale par Steve Mbikayi, député membre de la coalition de l’opposant Vital Kamerhe. Pourtant, dans ce pays, le sujet n’est plus tabou depuis longtemps : voilà plus de dix ans que l’acteur congolais Mike “La Duchesse” campe un personnage homosexuel avec succès sur les planches kinoises. Au Cameroun, les choses s’aggravent aussi. Si l’homosexualité est passible de poursuites pénales depuis 1972, la législation est réellement appliquée depuis dix ans environ, et elle l’est plus sévèrement encore depuis cinq ans.

Que s’est-il passé ? Christophe Lutundula, député de la majorité présidentielle congolaise, ne “croit pas qu’il s’agisse d’un problème lié uniquement à l’actualité” et préfère parler d’un phénomène de plus long terme. “La mondialisation joue un rôle”, soutient pour sa part l’avocat camerounais Walter Atoh, l’un des rares membres du barreau qui accepte des dossiers des LGBT. “Il y a dix ans, nous n’avions pas internet”, rappelle-t-il. Aujourd’hui, la communauté est devenue très visible sur la Toile : elle s’y informe, organise des rencontres… Et ses pourfendeurs en profitent pour traquer ses membres.

Le péché d’intolérance

Religion et homosexualité n’ont jamais fait bon ménage. “Macky Sall [le président du Sénégal] a cédé à la pression, explique Assane Dioma Ndiaye, président de l’Organisation nationale des droits de l’homme du pays, partenaire de la FIDH. Les confréries de marabouts exercent une grande influence dans ce domaine, étant donné l’importance de la religion pour la population.” Pour garantir la paix sociale, les responsables politiques ont donc tout intérêt à soutenir les chefs religieux. Du côté de l’Église catholique, le message de tolérance lancé par le pape François n’est globalement pas accepté en Afrique. “Notre société ne tolère pas les liaisons entre deux personnes du même genre”, a ainsi déclaré le cardinal ghanéen Peter Turkson, peu avant l’élection du nouveau pape, sur la chaîne américaine CNN. Christian Tumi, son homologue camerounais alors archevêque de Douala, a même organisé en 2009 une marche contre l’homosexualité qui a rassemblé 20 000 personnes. Récemment, il a réaffirmé ses propos de l’époque : “Même les bêtes ne font pas ça, quel que soit le niveau, quel que soit l’endroit… C’est condamnable.” Les autres Églises ne sont pas en reste. Trois organismes religieux américains – l’American Center for Law and Justice (ACLJ), fondé par le télévangéliste Pat Robertson, le groupe catholique Human Life International et Family Watch International, dirigé par l’activiste mormone Sharon Slater – se livrent à une véritable guerre culturelle sur le continent, en soutenant les campagnes et les leaders politiques opposés à l’homosexualité.

La question des droits des homosexuels pour masquer les problèmes de pauvreté et de chômage

Surtout, “les pouvoirs africains instrumentalisent la question des droits des homosexuels pour masquer les problèmes de pauvreté et de chômage après la crise financière”, analyse Berry Didier Nibogora, co­ordinateur de l’African Men for Sexual Health and Rights (Amsher) en Afrique francophone, et chargé de mission de la FIDH au Cameroun en janvier. Autrefois tabou, le sujet s’invite désormais dans la sphère politique. Lors de sa visite à Dakar en 2013, Barack Obama avait jeté un pavé dans la mare en enjoignant au continent de faire des progrès dans ce domaine. “Les cultures sont différentes, comme les religions et les traditions, avait aussitôt rétorqué Macky Sall. Sur la dépénalisation de l’homosexualité comme sur la peine de mort, les avis sont partagés”, avait-il malicieusement conclu.

Une position qui tranche avec celle adoptée pendant la campagne électorale de 2011. Macky Sall proposait alors de gérer ce dossier de façon “moderne et responsable”. Mais le camp d’Abdoulaye Wade l’avait aussitôt accusé de travailler pour des lobbies gays. Réponse des alliés de Macky Sall par la voix de l’avocat El Hadji Ousseynou Diouf : “Les vrais homosexuels sont avenue Léopold-Sédar-Senghor [siège du gouvernement].” Et Jean-Paul Dias, un autre proche de Macky Sall, de renchérir : “Le fils d’Abdoulaye Wade [Karim, alors ministre] a perdu sa femme et refuse d’en prendre une autre, essayez de voir ce qui se cache derrière.” Dans une ambiance aussi délétère, pas étonnant que Macky Sall marche sur des oeufs.

Au fil des années, la question de l’homosexualité est devenue une arme politique. Après le vote de la loi autorisant le mariage gay en France, en avril 2013, le gouvernement ivoirien a été accusé de vouloir imiter l’ancienne puissance coloniale. Gnamien Konan, le ministre de la Fonction publique, a alors cru bon de comparer le mariage homosexuel à “la fin du monde”. Le chef de l’État, Alassane Ouattara, a dû intervenir en personne pour calmer les esprits en précisant qu’aucune modification législative n’était au programme.

Des milliers d’Africains tentent de survivre

En RD Congo, c’est lors du débat sur la nouvelle Constitution, adoptée en 2006, que le thème a fait irruption. Les opposants à cette dernière accusaient ses rédacteurs de vouloir y intégrer le mariage entre personnes de même sexe. “J’ai dû expliquer à la télévision que telle n’était pas notre intention et que le texte précisait que le mariage était une union entre deux personnes de sexes différents”, se souvient Christophe Lutundula, alors vice-président de l’Assemblée nationale. “C’était une instrumentalisation visant à décrédibiliser la Constitution”, analyse-t-il.

Une technique employée par l’entourage du président, Paul Biya, pour discréditer certaines personnalités, murmure-t-on au Cameroun. Lorsque les journaux à scandales ont publié, début 2006, un “top 50 d’homosexuels présumés”, d’aucuns y ont décelé des règlements de comptes politiques. Parmi les hommes jetés en pâture à la vindicte populaire, Grégoire Owona, alors ministre délégué à la Présidence de la République, ou Pierre Moukoko Mbonjo, l’ancien ministre de la Communication.

Pendant ce temps, des milliers d’Africains tentent de survivre. Naomie, un travesti de Yaoundé, est de ceux-là. “Je ne peux pas être différente de ce que je suis, je me sens femme depuis que je suis toute petite”, confie-t-il. Pour Naomie comme pour beaucoup d’autres LGBT, le continent est toujours un endroit où il ne fait pas bon vivre.

Où trouver refuge ?

Si, globalement, le continent condamne l’homosexualité, quelques pays se démarquent, comme le Rwanda, qui, dans la région des Grands Lacs, refuse d’en faire un délit passible de prison, – contrai­rement à l’Ouganda, au Burundi, et peut-être bientôt à la RD Congo. En Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire fait figure de refuge. Le pays ne dispose pas de législation particulière sur le sujet et c’est cette “non-pénalisation” qui explique son statut à part, selon Berry Didier Nibogora, coordinateur de l’African Men for Sexual Health and Rights (Amsher) en Afrique francophone. “Mais les demandes de séjour dans ce pays étant aussi motivées par des considérations économiques, il est difficile de le qualifier d’”accueillant””, tempère-t-il. L’Afrique du Sud, enfin, qui a légalisé le mariage homosexuel en 2006, est loin d’être le havre de paix espéré, selon Amnesty International. Les agressions, notamment de lesbiennes, y sont encore très nombreuses.

Mathieu Olivier

Journée mondiale de lutte contre le sida: L’Afrique plus touchée par la maladie

www.guinee360.com | 1er décembre 2016

Journée mondiale de lutte contre le sida: L’Afrique plus touchée par la maladie

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Un nouvel expert LGBTQI aux Nations Unies

https://asso-sil.org | Publié le 22 novembre 2016

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Vitit Muntarbhorn

En septembre dernier, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies décide de nommer un nouvel expert qui allait être dédié aux questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre. Il aurait eu pour mission de conseiller les États dans leurs politiques à l’égard des minorités sexuelles et genrées et d’alerter l’ONU sur la situation de ces populations dans le monde.

Vitit Muntarbhorn a été nommé par le Conseil des droits de l’homme en septembre dernier pour prendre les responsabilité de ce nouveau poste. Il avait notamment été choisi pour son engagement dans les organes des Nations Unies et pour sa participation à la conception des Principes de Yogyakarta.

Une coalition d’États contre l’expert

Cependant, lors de la 71e Assemblée générale des Nations Unies les États devaient approuver le compte rendu du Conseil des droits de l’homme. La nomination de Vitit Muntarbhorn y figurait.

Sous la houlette du Botswana, un groupe de pays a formé une coalition pour contrer ce nouveau poste et alerter les États membre de l’ONU. Des organisations internationales telles que SIL se sont mobilisées pour diffuser cette attaque et sensibiliser les ambassadeurs aux Nations Unies et les ministères des Affaires étrangères des 193 votants à l’Assemblée générale de l’ONU. Une pétition a également été lancée par l’ILGA le vendredi 18 novembre pour engager plus largement toutes les associations travaillant dans la défense des droits humains ou des personnes LGBTQI. 850 organisations de 157 pays différents ont signé.

Le maintien de Vitit Muntarbhorn

Lundi 21 novembre 2016, les Nations Unies ont majoritairement voté pour le maintien de Vitit Muntarbhorn. 84 États ont voté pour tandis que 77 ont voté contre avec 17 abstentionnistes et 16 absents*.

Malgré le faible écart des voix entre les votes positifs et négatifs, nous pouvons dire que l’issue du scrutin est une victoire autant pour les personnes LGBTQI dans le monde que pour le respect des droits de l’homme. Remettre en cause la nomination de Vitit Muntarbhorn dans ses fonctions d’expert indépendant sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre revenait à mettre de côté les minorités, mais aussi à effacer des droits humains les persécutions et processus d’exécution que subissent des individus parce qu’ils ou elles sont gays, lesbiennes, bis, trans, queer et intersexes.

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Ecran de l’Assemblée générale de l’ONU lors du vote de la création d’un poste d’expert indépendant sur les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre.

Une forte opposition des pays francophones

Malgré cette position réconfortante, Solidarité Internationale LGBTQI s’alarme du taux de pays francophones recherchant la dissolution du poste d’expert indépendant des Nations Unies sur les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre.

Au total, si nous comptons les sièges vacants lors du vote, 45% des États francophones ont voté contre la création du poste et 34% pour. En revanche, sans les délégations absentes, 53% des pays ont voté contre et 40% pour, avec un taux d’abstentions de 7%**.

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Au total, voici les votes obtenus concernant les pays francophones :

  • 19 votes positifs : Albanie, Andorre, Belgique, Bulgarie, Cambodge, Canada, Cap-Vert, États-Unis d’Amérique, France, Grèce, Luxembourg, Macédoine, Moldavie, Monaco, Roumanie, Seychelles, Suisse, Vanuatu, Viêt Nam.
  • 24 votes négatifs : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Comores, Congo (République du), Congo (République démocratique du), Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Gabon, Guinée, Madagascar, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Niger, Sainte-Lucie, Sénégal, Tchad, Togo.
  • 4 abstentions : Arménie, Guinée-Bissau, Haïti, Rwanda.
  • 6 absences : Dominique, Guinée équatoriale, Laos, Liban, Sao Tomé-et-Principe, Tunisie.

Le détail du scrutin nous montre qu’aucun État en Afrique francophone, à l’exception du Cap-Vert, ne souhaite améliorer les conditions de vie d’une frange de leur population, mais aussi reconnaître l’orientation sexuelle et l’identité de genre comme un droit fondamental au même titre que les autres droits humains.

Plus largement, 53% des pays francophones veulent continuer à s’ingérer dans la vie privée des gens, à contrôler l’émancipation sexuelle, amoureuse et affective des individus et n’ont aucune volonté à cesser les représailles et les persécutions qu’ils entraînent envers les minorités sexuelles et genrées. Par ailleurs, certains États, francophones ou non, ont clairement signalé à l’issue des résultats qu’ils ne reconnaitront pas les fonctions de Vitit Muntarbhorn.


*84 votes positifs : Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Andorre, Argentine, Australie, Autriche, Bahamas, Belgique, Belize, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Bulgarie, Cap-Vert, Cambodge, Canada, Chili, Colombie, Corée du Nord, Costa Rica, Croatie, Chypre, Danemark, Dominicaine (République), El Salvador, Espagne, Estonie, États-Unis d’Amérique, Fiji, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Guatemala, Honduras, Hongrie, Islande, Irlande, Israël, Italie, Japon, Kiribati, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Marshall, Mexique, Moldavie, Monaco, Mongolie, Monténégro, Norvège, Nouvelle Zélande, Palaos, Panama, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Saint Marin, Samoa, Serbie, Seychelles, Slovaquie, Slovénie, Sri Lanka, Suède, Suisse, Thaïlande, Tchèque (République), Timor oriental, Turquie, Tuvalu, Ukraine, Uruguay, Vanuatu, Vénézuela, Viêt Nam. 77 votes négatifs : Afghanistan, Algérie, Angola, Antigua-et-Barbuda, Arabie Saoudite, Azerbaijan, Bahrain, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Botswana, Brunei, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Chine, Comores, Congo (République démocratique du), Congo (République du), Corée du Nord, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Émirats arabes unis, Érythrée, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guyane, Indonésie, Iran, Irak, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Koweit, Kirghizistan, Lesotho, Libye, Madagascar, Malaisie, Malawi, Maldives, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Namibie, Nauru, Nicaragua, Niger, Nigeria, Oman, Ouganda, Ouzbékistan, Pakistan, Quatar, Russie,  Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sénégal, Singapour, Soudan , Suriname, Swaziland, Syrie, Tajikistan, Tanzanie, Tchad, Togo, Yemen, Zambie, Zimbabwe. 17 abstentions : Arménie, Barbados, Bhutan, Equateur, Guinée-Bissau, Haïti, Inde, Kazakhstan, Libéria, Myanmar, Népal, Papouasie Nouvelle-Guinée, Paraguay, Philippines, Rwanda, Somalie, Trinidad-Tabago. 15 absences : Cuba, Dominique, Guinée équatoriale, Grenade, Laos, Liban, Micronésie, Mozambique, Sao Tomé-et-Principe, Sierra Leone, Salomon, Soudan du Sud, Tonga, Tunisie, Turkménistan.

** Avec sièges vacants : 34% de votes positifs, 45% de votes négatifs, 8% d’abstentions, 13% d’absences. Sans sièges vacants : 40%, de votes positifs, 53% de votes négatifs, 7% d’abstentions.

Discriminations en milieu scolaire

Alternative CI | Publié le 

L’école est le lieu où l’on acquière la connaissance depuis le bas âge jusqu’à ce que l’on décide d’arrêter de ne plus y aller. Cet établissement permet le brassage des hommes et des femmes venant de divers horizons, donc de cultures différentes. Ce qu’il est bon de savoir, c’est que le personnel éducatif est composé des élèves et étudiants, personnels enseignants et d’encadrement, personnels administratifs et techniques et aussi des parents d’élèves. Tout ce beau monde concourt donc au bon fonctionnement de l’école et lorsque l’un d’entre eux se comporte mal envers certains élèves ou étudiants à cause de leur différence (handicap, race, religion, efféminité, orientation sexuelle, etc…), cela peut nous donner à assister à des situations douloureuses. Ainsi, nous venons par cette vidéo vous relater l’histoire qu’a vécu un jeune homosexuel lorsqu’il était encore sur les bancs, situation que vit bon nombre de personnes efféminées et espérons que par son témoignage éveiller les consciences.

Première condamnation pour pratique homosexuelle en Côte d’Ivoire

Ivoirematin-News | Le 14 novembre, 2016

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Première condamnation pour pratique homosexuelle en Côte d’Ivoire

Deux jeunes hommes ont été condamné à 18 mois de prison ferme par le tribunal de première instance de Sassandra, dans le Sud-ouest de la Côte d’ivoire, pour pratique homosexuelle, une première dans le pays.

Ces deux personnes, P. L., 31 ans, vigile dans un complexe agro-industriel à Dakpadou, village du département de Sassandra, et L. A., 19 ans, ont été surpris en plein ébats sexuels par l’oncle du plus jeune qui, choqué par ce spectacle, a porté plainte auprès de la gendarmerie de Sassandra. Les amoureux sont immédiatement mis aux arrêts et déférés au parquet de Sassandra.

Lors de leur comparution, jeudi, P. L. et L. A. ne font pas de difficulté à avouer les faits, précisant qu’ils sont amants depuis longtemps et qu’ils ne voient pas en quoi leur acte constitue un délit.

Le procureur a pour sa part rappelé que même s’il existe des homosexuels en Côte d’Ivoire, «la loi qualifie de contre nature cet acte impudique », indiquant que des rapports sexuels entres deux personnes du même sexe doivent être « sanctionnés ».

Les deux accusés ont été condamnés à 18 mois de prison ferme chacun.

Dans le département de Sassandra, l’on dénombre plusieurs homosexuels qui sont bien connus des populations. En 2015, un couple gay vivant dans le village de Lebloko, en situation rupture, s’est retrouvé au commissariat de police sur plainte de l’un des amants qui s’opposait au « divorce ».

La police leur avait alors rappelé ce à quoi ils s’exposaient, tout en leur demandant « plus de pudeur et de discrétion » en retournant en famille pour régler à l’amiable leur différend.

LGBT activists abroad ‘devastated’ by Trump election

Washington Blade | November 9, 2016 at 1:27 pm EST | by Michael K. Lavers

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LGBT activists abroad have reacted with shock and anger over Donald Trump’s election.

(Image courtesy C-Span)

Donald Trump’s election as the country’s next president has sparked sadness, concern and anger among LGBT rights advocates around the world.“We are devastated by this,” said Matt Beard, executive director of All Out, a global LGBT advocacy group. “It is an utterly shameful result.”

An activist from the West African country of Liberia with whom the Washington Blade spoke shortly after Hillary Clinton conceded to Trump said the LGBT community in his country is “very shocked.” Douglas Elliott said from Toronto that Trump’s election results remind him and other Torontonians of former Mayor Rob Ford who was, among other things, recorded smoking crack cocaine while in office.

“We still cringe,” said Elliott.

Canadian Prime Minister Justin Trudeau is among the world leaders who have congratulated Trump.

“Canada has no closer friend, partner and ally than the United States,” said Trudeau in a statement. “We look forward to working very closely with President-elect Trump, his administration and with the united Congress in the years ahead; including on issues such as trade, investment and international peace and security.”

The Kremlin in a statement said Russian President Vladimir Putin “hopes to work together” with Trump “to lift Russian-U.S. relations out of the current crisis, resolve issues on the international agenda [and] look for effective responses to global security challenges.”

Mexican President Enrique Peña Nieto said his country and the U.S. “will continue to strengthen their ties of cooperation and mutual respect,” even though Trump has said he will build a border wall for which the Mexican government would pay. Marine Le Pin, leader of France’s far-right National Front, also congratulated Trump.

“Congratulations to the new president of the United States, Donald Trump, and to the American people,” she said on Twitter.

Sheherezade Kara, an activist who describes herself as a “queer woman of mixed heritage,” told the Blade that Hillary Clinton was “far from the ideal candidate.” She nevertheless expressed shock that Trump will become the next U.S. president.

“It’s truly chilling, when the world is already so unsafe for so many of us, that the racists, the misogynists and the bigots can stand up a little taller, a little prouder and surer that the system is firmly behind them,” said Kara.

Activists in the Middle East and elsewhere with whom the Blade has previously spoken have sharply criticized Trump over his calls to temporarily ban Muslims from entering the U.S. Kara on Wednesday said the U.S. has joined “the growing club of divisive, nationalist forces worldwide.”

“I will be looking over my shoulder as I make my way in the world,” she told the Blade.

LGBT people in the U.K. with whom the Blade spoke on Wednesday compared Trump’s surprise election to the results of the so-called Brexit referendum in which voters supported the country leaving the European Union.

“I’m stunned,” said Louise, a bisexual woman who lives in London. “My immediate reaction was just sheer horror and terror.”

Marc Brammer, who also lives in London, told the Blade he is “really worried about the consequences” of Tuesday’s election for his friends and family in Pennsylvania and other states.

“It’s going to be a long four years,” he said.

Unclear whether Trump White House will promote LGBT rights abroad

President Obama in 2011 directed agencies that implement U.S. foreign policy to promote LGBT rights. He made the announcement on the same day that Clinton delivered her landmark “gay rights are human rights” speech in Geneva.

It remains unclear whether LGBT rights will remain a cornerstone of U.S. foreign policy under a Trump administration.

Former House Speaker Newt Gingrich, who could become the next secretary of state, and Trump himself have previously said the so-called Islamic State and other Islamic extremist groups pose a threat to LGBT people. Vice President-elect Mike Pence opposed U.S. efforts to promote gay rights abroad when he was a member of the U.S. House of Representatives.

“Internationally it is of the utmost importance that a Trump administration stays actively involved in furthering the rights of LGBTI people,” said Boris Dittrich, advocacy director of Human Rights Watch’s LGBT Rights Program who is based in Berlin.

Other activists were far less hopeful.

“I’m afraid U.S. foreign policy will turn from exporting equality to exporting hate,” Mariano Ruiz of the International Day Against Homophobia, Transphobia and Biphobia told the Blade on Wednesday from the Argentine capital of Buenos Aires.

Wilson Castañeda, director of Colombia Afirmativo, a Colombian LGBT advocacy group, described Trump to the Blade as a “bellicose president who won because of hate speech and vengeance.” He also noted Tuesday’s election took place months after the Brexit vote and the impeachment of then-Brazilian President Dilma Rousseff.

“Democracy has ended and with it the guarantee of rights of historically marginalized groups,” said Castañeda.

Colombian voters last month narrowly rejected a peace deal that seeks to end Latin America’s longest-running war.

The agreement between the Colombian government and the Revolutionary Armed Forces of Colombia specifically acknowledged the conflict’s LGBT victims and called for their inclusion in the country’s political process. Secretary of State John Kerry was among the global dignitaries who attended the signing ceremony that took place in the Colombian city of Cartagena in September.

Maximilian Sycamore contributed to this article.

 

Deux jeunes filles mineures ont été emprisonnées au Maroc après avoir été surprises en train de s’embrasser. Elles seront jugées pour homosexualité. Au Maroc, l’homosexualité est passible de six mois à trois ans de prison.

© AFP | Texte par FRANCE 24  - AFP  - Dernière modification : 03/11/2016

Elles sont mineures et ont été jetées en prison pour… un baiser. Au Maroc, Sanaa et Hajar, respectivement âgées de 16 et 17 ans,  surprises en train de s’embrasser, ont été arrêtées jeudi 27 octobre, à Marrakech. Elles vont être poursuivies pour homosexualité, selon l’Association marocaine des droits humains.

“Elles ont été surprises sur le toit d’une maison du quartier de Hay Mohammadi en train de s’embrasser et de s’enlacer. Quelqu’un les a prises en photo, a transmis le cliché à la famille dont un membre a prévenu la police”, a expliqué Omar Arbib, de l’association.

“Les deux filles mineures ont été arrêtées le même jour. Après 48 heures de garde à vue elles ont été présentées devant le parquet”, a-t-il précisé. Elles seront jugées vendredi, en vertu de l’article 489 du code pénal qui criminalise “les actes licencieux ou contre-nature avec un individu du même sexe”.

L’homosexualité est punissable de six mois à trois ans de prison.

“Nous avons désigné un avocat pour les défendre”, a ajouté le militant qui a appelé à la libération des deux jeunes filles et à la suppression de l’article de loi.

Le Maroc, un pays de 35 millions d’habitants tiraillé entre conservatisme religieux et ouverture sur l’Occident, a connu plusieurs controverses liées au mœurs ces dernières années.

Avec AFP
Par Jeune Afrique avec AFP

Contrainte de fuir le Nigeria pour vivre sa transsexualité, elle est en finale de Miss Trans Star International

 

Miss Sahhara est née dans le mauvais corps et le mauvais pays. Persécutée au Nigeria, un temps au bord du suicide, elle est désormais l’une des heureuses finalistes d’un concours de beauté très spécial à Barcelone : Miss Trans Star International.

« Nous sommes toutes gagnantes, nous avons gagné notre propre vie », a réagi l’Israélienne Tallen Abu Hanna, arrivée deuxième en 2010.

Discrimination

Persécutées par leurs gouvernements, victimes de discrimination ou rejetées par leurs propres familles, les 25 candidates de ce concours ont emprunté un douloureux chemin de croix avant de trouver le courage de défiler en maillot de bain ou en robe de gala. Parmi les 300 spectateurs, beaucoup d’autres transsexuels les ovationnent à chaque apparition.

« La minorité trans-genre souffre toujours d’une énorme discrimination, et ce concours est une tentative de toucher la société. Nous voulons aller au-delà de la beauté et montrer l’histoire de vie derrière chacune des filles », explique Thara Wells, la fondatrice de Miss Trans Star International.

Parmi les candidates originaires des quatre coins du globe, notamment du Japon, d’Afrique du Sud, de Colombie ou de Turquie, la Nigériane Miss Sahhara – son nom de scène – se démarque par son discours revendicatif.

« Je ne me sentais pas à l’aise dans mon corps »

Vêtue d’une robe crème décolletée, elle défile sans timidité, le pas ferme, séduisant le public avec son regard vert clair. Il ne reste pas grand-chose de la jeune fille de 19 ans qui avait fui le Nigeria pour Londres, il y a trois ans.

« Je souffrais d’une sévère dysphorie, autrement dit un trouble de l’identité sexuelle. Ma poitrine ne grossissait pas, je n’avais pas de vagin, je me regardais dans le miroir et je ne me sentais pas à l’aise dans mon corps », confie-t-elle à l’AFP avant le gala.

Ayant toujours su qu’elle était une femme, elle se maquille et met des talons dans le dos de sa mère. Mais dans un pays qui punit de 14 ans de prison l’homosexualité et la transsexualité, difficile d’assumer.

« Au Nigeria, je n’avais aucune chance de survivre »

« Dans la rue, j’ai été agressée et harcelée. Ma famille aussi, lorsque je suis rentrée à la maison. Ils me disaient : c’est mal ce que tu fais, tu dois changer, te comporter comme un homme », se souvient-elle en montrant des cicatrices sur son dos et ses jambes.

Ses deux tentatives de suicide échouent. Elle affirme avoir été emprisonnée deux fois au Nigeria pour ses tenues féminines, avant de gagner Londres, comme immigrante clandestine puis comme réfugiée.

« Au Nigeria, je n’avais aucune chance de survivre. C’est pour cela que j’ai dû fuir. »



RFI | 21-09-2016 | 04:41

Un prédicateur américain ouvertement homophobe expulsé du Botswana

Le pasteur américain controversé Steven Anderson, à sa sortie du bureau de l’immigration du Botswana, avant son expulsion du pays, le 20 septembre 2016.
© Stringer / AFP

Les autorités du Botswana ont confirmé que Steven Anderson avait été interpellé ce mardi 20 septembre dans l’après-midi avant d’être expulsé. Le pasteur américain est connu pour ses propos contre les homosexuels. Il a notamment été interdit de séjour la semaine dernière par les autorités sud-africaines.

Après l’Afrique du Sud, c’est le Botswana qui ne veut pas du pasteur américain. Selon les autorités, Steven Anderson a été arrêté pour avoir tenu des propos haineux. Il est arrivé dans le pays jeudi 15 septembre et aurait prêché dans une église ce dimanche.

Mais ce sont ses propos sur les homosexuels lors d’une interview sur une radio locale ce matin qui ont déclenché la réaction des autorités. « Je hais les homosexuels », a déclaré le prédicateur, qualifiant les gays de « pédophiles ».

L’homosexualité est illégale au Botswana, mais le président Ian Khama a déclaré qu’il n’accepterait pas de discours haineux dans son pays.

La semaine dernière déjà, c’est l’Afrique du Sud qui a interdit au pasteur l’entrée sur son territoire, au même motif. Le ministre sud-africain de l’Intérieur, a déclaré que le gouvernement avait le devoir d’éviter tout préjudice et toute manifestation de haine, quelle que soit sa forme.

24 heures | 20.09.2016 | 14h28

«Je hais uniquement les homosexuels»

Botswana – Un prédicateur américain très controversé

pour ses positions homophobes a été expulsé mardi du pays.

Le pasteur Steven Anderson suscite régulièrement la controverse.

Le pasteur Steven Anderson suscite régulièrement la controverse. Image: dr/Facebook

«Le pasteur Steven Anderson, un citoyen des Etats-Unis d’Amérique, a été déclaré immigré illégal et par conséquent est expulsé du Botswana», a annoncé le gouvernement dans un communiqué. Cette décision a été prise à la suite d’un entretien accordé par Steven Anderson à la radio locale GabzFM, où il s’en est une nouvelle fois pris aux homosexuels.

«Je hais les homosexuels. Mais je hais uniquement les homosexuels. Je ne hais pas les autres personnes», a déclaré le prédicateur, qualifiant les gays de «pédophiles». «Dieu a montré ce qu’il pensait des homosexuels quand il a détruit Sodome et Gomorrhe», a-t-il encore ajouté, en référence à un épisode de la Bible où Dieu détruit ces deux villes symboles de débauche.

«Conquérir des âmes»

La semaine dernière, le pasteur avait été interdit d’entrée sur le territoire sud-africain, où la communauté gay s’était mobilisée contre sa venue. Mais il avait pu se rendre au Botswana voisin où il comptait «conquérir des âmes».

Steven Anderson, de la Faithful Word Baptist Church dans l’Etat américain d’Arizona, suscite régulièrement la controverse. En 2009, il avait prié pour la mort du président américain Barack Obama en raison de ses convictions pro-avortement et qualifié les victimes de l’attentat du Bataclan à Paris, en novembre 2015, de «fidèles du diable».

L’homosexualité reste illégale au Botswana, alors que l’Afrique du Sud a légalisé le mariage gay en 2006.(afp/nxp)

(Créé: 20.09.2016, 14h28)

Jeune Afrique| 17 juin 2016 - 09h52 |

Kenya : l’examen anal pour déterminer l’homosexualité

est légal, selon la Haute cour de Mombasa

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Par Jeune Afrique avec AFP

Yagg| 30.04.2016 – 11 h 05 |

Lesbiennes et VIH en Afrique : la «triple peine» des FSF [vih.org]

Têtu|02.03. 2016|

Afrique : quels sont les pays les plus tolérants envers les homosexuels ?

Yagg | 18.05.2016 – 11 H 27 |

Mexique: le président Enrique Peña Nieto veut ouvrir le mariage à tous les couples