Intimidations, violences homophobes et assassinats, les témoignages glaçants de militants tchadiens.

La plateforme Africa Gay Rights a notamment pour vocation de recueillir des témoignages en provenance des associations de terrain actives en Afrique. Celui que nous venons de recevoir fait état de faits extrêmement graves à l’encontre d’activistes tchadiens.

Les témoins qui nous ont contactés sont de jeunes membres d’une association LGBT au Tchad. Des membres ont déjà été arrêtés précédemment, et certains ont été victimes de tortures et d’assassinats.

Début 2018,  quatre d’entre-eux ont été torturés à mort. Leurs parents ont eu peur d’organiser les funérailles par crainte de subir des humiliations ou d’être exclus par leurs familles.

En janvier dernier, un membre de l’association a été assassiné par des inconnus. Une autre a été violée à plusieurs reprises par ses propres cousins avant d’être expulsée du domicile familial. Durant le mois de janvier, un jeune homme a été assassiné en plein centre ville, non loin d’une église. Il a reçu 7 coups de couteaux…

Un des témoins a été  accusé de défendre les mauvais esprits (ainsi sont appelées les LGBT au Tchad). Par la suite, il a été libéré sous condition avec la menace d’être arrêté à tout moment s’il ne renonçait pas publiquement à ses activités et à son soutien à la communauté LGBT. Depuis ce jour, il a été sans cesse menacé de mort par téléphone et très souvent violenté par des jeunes dans la rue.

Les photos  qui nous été transmises témoignent de la violence des agressions. La vie de nombreux militants est encore actuellement en danger. C’est pour cette raison que les témoins qui nous ont contactés attendent le soutien d’organisations de défense des LGBT, afin de plaider en faveur du respect de leurs droits au Tchad.

Un message récent de nos contacts nous apprend que leur situation est loin de s’améliorer. Les humiliations, le harcèlement et les persécutions continuent. La pression sur les familles des activistes est très forte. Ils reçoivent des messages les incitant à revenir au pays pour renoncer publiquement à leur engagement et à leurs activités. Il est question de promesses d’une vie meilleure s’ils rentrent au pays et s’ils acceptent un mariage arrangé par les autorités traditionnelles et religieuses. En cas de refus, ils sont menacés d’être bannis de leur famille, déchus de leur nationalité et considérés comme des ennemis de la nation. Leur réponse est de ne jamais abandonner.

Ils sont convaincus que plus ils parleront de la situation sur place au niveau international, plus la tension diminuera dans le pays. Malgré les pressions du gouvernement, des chefs religieux, des leaders communautaires et traditionnels, ils espèrent par tous les moyens pouvoir continuer à porter haut le flambeau de l’espoir.