Plus de quarante hommes ont été arrêtés ce week-end dans un hôtel du Nigeria. Ils sont accusés d’homosexualité.

C’est à 15h30, samedi, que des policiers ont fait irruption dans l’hôtel Vincent, situé dans la région de Lagos, capitale nigériane. Leur raid a mené à l’arrestation de 42 hommes, accusés d’avoir eu des «actes homosexuels».

Jusqu’à 14 ans de prison

L’hôtel en question est «connu pour abriter des homosexuels. Ils étaient là quand la police a frappé», a expliqué un témoin au site The Punch, précisant que les hommes, désormais entre les mains des autorités locales, passeraient «bientôt» au tribunal.

Les relations homosexuelles sont explicitement bannies dans 72 pays, dont le Nigeria. Les relations homosexuelles sont interdites dans le pays depuis 1901, et le président Goodluck Jonathan a durci la loi fin 2013. Depuis, tout témoignage d’affection entre deux personnes du même sexe est passible de 10 à 14 ans de prison, voire de lapidation dans certaines régions. Le mariage homosexuel est bien entendu formellement proscrit, tout comme «la cohabitation entre personnes dumême sexe». Autre nouveauté de cette loi, la non-dénonciation d’un homosexuel vaut jusqu’à dix ans de prison.

Loin d’être un cas isolé

Evidemment, cette législation a amplifié l’homophobie dans cette nation au paysage religieux très marqué. Ici, les courants chrétiens comme musulmans condamnent fermement les relations du même sexe.

Ainsi, cet incident est loin d’être un cas isolé. En avril, des policiers ont embarqué 53 personnes lors d’une fête, illégale car elle célébrait un mariage gay. Début juin, l’écrivain nigérian Chibuihe Obi a été porté disparu après la publication d’un essai sur l’allophobie, dans lequel il racontait les comportements hostiles qu’il avait eu à subir en tant qu’homosexuel.